Ils sont 88 travailleurs de la commune de Matam qui réclament 30 mois de salaires impayés à la commune et qui dénoncent un licenciement abusif. Contacté par notre rédaction, Kaloko Bangoura, Secrétaire Général de la section COSATREG de la commune de Matam accuse Ismaël Condé, le maire de cette commune d’être en partie responsable des difficultés qu’ils traversent.
“Nous sommes victimes de licenciement de la part du maire. On a fait deux (02) ans six (06) mois nous ne sommes pas payés. Si on leur demande, ils disent que le compte est gelé. Maintenant, à notre fort étonnement, le jeudi passé, ils ont commencé à payer les travailleurs, mais quels travailleurs? Les travailleurs recrutés par eux à notre détriment. Nous nous venons maintenant chez le comptable pour qu’il nous paie, le comptable dit qu’il n’y a pas notre nom. Il y a 88 travailleurs qui n’ont pas vu leurs noms sur leurs nouveaux listes. Que c’est ceux qui sont sur leurs listes qu’ils considèrent comme des travailleurs”, a-t-il dénoncé avant d’ajouter:
“Les contractuels de la commune sont payés au SMIG et à notre fort étonnement, nous voyons aujourd’hui des gens qui sont payés à un (01) million à deux (02) millions. Les gens qu’ils ont recruté au détriment des autres (les contractuels ndlr) “, s’est offusqué Kaloko Bangoura et de renchérir:
“FIM l’a demandé , il (le maire Ismaël Condé ndlr) dit que c’est le ministre de la Décentralisation qui lui a poussé de licencier les travailleurs. Nous réclamons aujourd’hui notre salaire de 2 ans 6 mois et nous réclamons notre règlement pour en finir avec eux”, a-t-il réclamé.
Pour équilibrer l’information, notre reporter a contacté Ismaël Condé, Maire de la commune de Matam qui soutient mordicus que ceux qui font ces réclamations sont non seulement des fictifs mais les 30 mois qu’ils réclament ont été payés depuis le 31 décembre 2021.
“Quand nous on est arrivés dans cette commune en 2018, on a trouvé que la situation de l’effectif des employés de la commune de Matam était exécrable. Une commune comme la nôtre avait 287 employés et la plupart des personnes qui étaient sur la liste d’émargement de la commune était des fictifs. Donc, notre premier rôle, était de demander aux gens d’envoyer leurs contrats de travail. On a trouvé beaucoup de faux contrats de travail. On a fait un premier tri, on s’est retrouvé à 143. Après on a dit aux gens que notre situation financière ne peut pas nous permettre de garder ça. L’administration étant une continuité, on va nous battre pour rembourser les arriérés de salaire, mais on a dit à partir de ça, on veut faire un nouveau recrutement par ce que l’effectif des travailleurs ne répondent plus aux aspirations. Kaloko étant le syndicat des travailleurs nous a dit monsieur le maire, si vous voulez nous licencier payez les arriérés de salaire, comme ça, on sera quitte. Donc, on a fait un protocole d’accord pour signer ces arriérés. On a dit que nos finances ne nous permet de payer les arriérés d’un seul coup, on va échelonner le paiement. On a signé le protocole d’accord et on a dit à partir d’aujourd’hui, il n’y a plus d’employés. J’ai dit ceux qui veulent travailler avec nous, peuvent venir postuler. Et l’avis de recrutement est là, il y a deux ou trois personnes qui ont postulé. Mais nous qu’à même, on a continué à payer les arriérés. On fini de payer les arriérés de salaire au mois de décembre 2021”, s’est défendu le Maire Ismaël Condé avant de dire ceci:
“A l’arrivée du CNRD, le ministre de la Décentralisation a fait sortir un communiqué pour dire que les communes n’ont qu’à résilier tous les contrats qui les lient avec les travailleurs. C’est le circulaire que le ministre de l’Administration et de la Décentralisation a fait sortir. On a affiché cette circulaire. Et puis on a dit qu’on a fini de payer vos arriérés, et ça tombe bien le ministre vient de sortir une circulaire pour dire qu’il faut arrêter le contrat des travailleurs. Donc, il n’y avait aucun travailleur qui était là. Mais une commune ne peut pas rester comme ça, par ce qu’on a des services obligatoires. Le service d’État civile est un service obligatoire, le service du cadastre est un service obligatoire, le service des impôts. On a dit qu’on va prendre une équipe choc qui va se consacrer à ces services obligatoires. On a fait ce mini recrutement pour répondre aux urgences de la commune. Depuis le mois d’octobre, les comptes étaient gelés. On a fait des démarches pour pouvoir au moins payer les gens qui nous font ces services d’urgences obligatoires. C’est ce paiement là qu’on a fait avant hier. Maintenant, ils viennent nous dire qu’on est pas payé. J’ai dit d’un, les arriérés qui nous lient on a fini de les payer. De deux, on a pas fait de recrutement. La tutelle a dit d’arrêter les recrutements, donc c’est les personnes qui sont pour le service obligatoire qu’on a payé par ce qu’on ne peut pas qu’à même faire travailler les gens sans les payer. Ils avaient fait au moins quatre mois sans être payé, donc c’est eux qu’on a payé. Depuis ça, ils sont entrain de monter sur tous les toits, ils nous ont licencié, ceci, cela, alors que que un c’est des fictifs, de deux, résilier leurs contrats n’est pas venu de nous, c’est le ministre qui a dit de résilier tous les contrats”, a expliqué Ismaël Condé.
Notre reporter ne s’est pas limité là. Il a fait réagir à nouveau Kolako Bangoura porte-parole des 88 qui a déconstruit les arguments du maire. Il pense cependant que le maire Ismaël Condé n’a raconté que des « mensonges » en soutenant qu’ils ont payé les 30 mois aux travailleurs licenciés.
“Tous les travailleurs là ont une décision d’engagement. Ils n’ont pas un papier de licenciement. Ce qu’il est entrain de dire, ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrai du tout. Le salaire, il reste deux ans six mois. Rien n’a été payé. Eux ils disent qu’ils ont écrit un papier que tous les travailleurs n’ont qu’à cesser de travailler le 31 décembre 2019, or les travailleurs ont continué à travailler jusqu’à maintenant là”, a-t-il relevé.
Parlant du protocole d’accord que le maire nous dit avoir signé avec ces licenciés, ce syndicaliste met au défis son maire de le faire sortir.
“… le protocole d’accord entre eux et nous ! ll n’a qu’à faire sortir le protocole d’accord. Il s’est jamais assis pour signer un protocole d’accord avec nous”, a-t-il défié et d’accuser à nouveau le maire et son staff :
“Ils ont licencié ces travailleurs là pour prendre leurs amis et leurs parents”, a conclu Kaloko Bangoura.
La question que l’on se pose, entre le maire et ses travailleurs, qui a raison dans cette affaire? À chacun de faire son propre jugement.
Amadou Oury Barry pour lerevelateur224.com
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