Depuis juin 202, la coupe et le transport du sont interdits sur toute l’étendue du territoire guinéen. Une décision qui fait suite à la saisie des stocks de bois coupés illégalement dans les préfectures de Mamou et Faranah. Chose qui a considérablement impacté les professionnels du bois durant environ 7 mois.
Après analyse, le ministère de l’Environnement et du Développement Durable a pris une décision le 14 janvier 2022, autorisant la reprise des activités d’exploitation industrielle du bois de la société forêt forte, située au sud de la Guinée. Une décision qui n’est pas du goût de Ansoumane Camara, président de la fédération nationale des professionnels de la filière bois.
‘’ Nous sommes vraiment très surpris de la décision. C’est une inquiétude pour nous parce que, la forêt forte exploite et exporte ses produits finis. Les 99% sont exportés, mais si les guinéens qui transforment ici en Guinée pour les besoins de la population, ne sont autorisés à exploiter, l’étranger qui exploite et exporte, lui il est autorisé à le faire, c’est une inquiétude à notre niveau. Les autorités doivent revoir cette situation parce que ça ne peut pas marcher comme ça. C’est ce qui fait que le prix du bois, où nous volons que ça arrive pour que ça soit à la portée des guinéens, c’est toujours pas le cas, parce que les exploitants subissent les tracasseries et ils sont sous une interdiction‘’, a-t-il déploré.

Si dans le camp de la fédération nationale des professionnels de la filière bois on parle de deux poids deux mesures, c’est plutôt le contraire chez les cadres du ministère de l’Environnement et du Développement Durable. D’ailleurs, pour le Conseiller du ministre qui a été joint par un de nos reporters, les acteurs de la filière bois ne respectent aucune norme dans l’exploitation forestière.
‘’Ces exploitants forestiers là en réalité lorsqu’ils ont les permis de coupe, ils font l’exploitation sans aucune norme. Très souvent même, ce ne sont pas des lettrés et ils ont des moyens limités. Quand ils ont les permis, ils vont couper même sur les berges des cours d’eaux, les têtes de sources ne sont pas épargnées, cela veut dire qu’ils ignorent totalement les normes de coupe. Ils n’agissent que dans le cadre de leur propre intérêt. On n’est pas du tout fièrs d’eux », a indiqué Saidou Barry Sidibé.
Dans cet entretien qu’il nous a accordé, ce cadre du département de l’Environnement a fait quelques grandes annonces.
‘’ Aujourd’hui Madame la ministre de l’Environnement est en train d’opter pour une autre alternative. C’est comme ça que ça se passe dans les grands pays forestiers, c’est à dire, au Gabon, au Congo. Là-bas, l’État signe des contrats avec les grandes sociétés forestières qui ont les gros moyens pour recruter tous les techniciens qu’il faut. Ceux qui font la coupe du bois, en respectant les normes. Y a une visite même de travail qui est prévue dans ces pays pour aller voir comment ils font pour essayer d’instaurer ces expériences en Guinée pour protéger le reste de nos forêts », a annoncé Saidou Barry Sidibé, avant de poursuivre:
‘’ Donc si on arrive à avoir de grandes sociétés forestières qui s’investissent dans l’exploitation forestière en Guinée, l’État va signer des contrats avec ceux-ci en leur affectant des concessions forestières et ne couperont que dans ces concessions forestières et dans le contrat, on fera en sorte que les bois qui sont coupés dans ces zones là que tous les commerçants de bois aillent se ravitailler auprès de ceux-ci. il n’y a pas de deux poids deux mesures, notre objectif c’est de satisfaire les guinéens », a-t-il martelé.

Ibrahima Camara pour lerevelateur224.com
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