Depuis un moment, tout semble à l’envers au sein du Conseil National du patronat guinéen. Le camp de Kaba Guiter et celui de Mohamed Habib Hann se tiraillent pour réclamer chacun, la présidence de cette importante structure du secteur privé. A la faveur d’une conférence de presse animée ce lundi, 21 mars au siège du CNPG, à Kaloum, Habib Hann a donné des détails sur les guéguerres internes qui rongent le patronat.
Devant les journalistes, monsieur Hann a pris tout son temps pour détailler au cas par cas, les problèmes de leadership qui minent le patronat.
« Je voudrais que je n’ai pas beaucoup communiqué, parce que je n’aime pas les polémiques. J’ai rencontré des personnalités; des hommes d’affaires, j’ai rencontré l’autre camp, je suis un conciliateur. Je pense que je suis un homme positif et j’aime être concret à ce que je pose comme actions. Les activités que je mène peuvent me permettre de rentrer chez-moi et dormir sans travailler et avoir de quoi vivre, mais c’est pas ce qui me préoccupe. Ce qui me préoccupe et m’a toujours préoccupé, c’est comment aider à restructurer le secteur privé guinéen et emmener à créer de l’emploi et à développer les activités de ce pays. La Guinée a un potentiel inimaginable, il faut voyager un peu pour le savoir. Les communications, je les ai faites ailleurs avec nos partenaires, pour leur dire : venez en Guinée, comprenez dans quoi nous vivons et aidez nous! Ça a été ma communication.
Pour la polémique qui est là, je me suis déplacé, je suis parti vers les autres parties pour leur dire écoutez: nous sommes tous des frères, ça ne sert à rien et personne ne peut influencer personne. Donnons nous la main et bâtissons ce qui est bon pour le pays! Nous sommes dans beaucoup d’activités aujourd’hui. Ces différentes activités permettent à beaucoup de familles aujourd’hui à avoir de quoi vivre. Donc la vision que nous avons, c’est ça.
C’est une guéguerre de leadership, le patronat n’est pas une propriété privée. Le patronat, c’est la propriété de personne. C’est un bien qui appartient au secteur privé guinéen. Le patronnat c’est une question de leadership. Qui peut aider à défendre les intérêts du secteur privé guinéen ? Qui est constructif par rapport à cela? Lorsqu’on se dit non c’est monsieur Hann, il ne faut pas qu’il soit patron du CNP en Guinée, je n’ai jamais mis en exergue ce que je vaux ou ce que je représente et combien de fois ça pèse sur l’économie nationale ? Non! On nous disait souvent depuis le bas âge, qu’un serpent vit cacher. C’est dans cette culture que j’ai grandi. Aujourd’hui, je pense que j’ai un pesant d’or. Cette incompréhension aujourd’hui, conduit les gens à s’imaginer que lorsque monsieur Hann est à la tête du patronnat, c’est une perte pour d’autres alors que ça devrait être un acquis. C’est ça la vision qu’il faut. Il faudrait que les gens comprennent que ce soit monsieur Hann, monsieur Diallo ou Barry, le patronnat reste le patronnat. Il faut qu’on arrive à restructurer pour qu’on ne s’éternise pas à la tête du patronnat. Le patronat doit avoir des règles à respecter! C’est parce qu’on arrive pas à respecter ces règles aujourd’hui, on se retrouve dans une cacophonie. Sinon, ces des congrès électifs avec des périodicités qui sont déterminées qui peuvent conduire à l’élection d’un bureau ou à des changements de gouvernants », a-t-il indiqué.
Pour venir à bout de ces guerres de leadership, L’opérateur économique propose quelques pistes de solutions.
« Pour arriver à lutter contre cette cacophonie ou ce bicephalisme au niveau du patronat, cest de suivre les règles. Lorsque les règles sont étalées autour de la table, les procédures sont connues et respectées, il n’y aura pas de bicephalisme ou d’incompréhensions. La chambre de commerce s’est ténue, quelque soit les tendances qu’il y a, ils ont eu à mettre en place un bureau. Personne n’est au dessus de la loi. Et je crois que mon bureau exécutif ici présent ne peut qu’accompagner le chef de l’État. S’il ya le meilleur guinéen aujourd’hui, c’est le chef de l’État. C’est vers lui que nous nous retournerons lorsque nous trouvons que les procédures n’ont pas été respectées. J’estime que les cadres mis en place, les autorités en charge de ce dossier sont assez responsables et cela va aider à ce que tout se passe parfaitement bien. J’ai eu des entretiens avec tous ces grandes personnalités et je pense que la vision est claire, tout le monde va aller vers un consensus », a-t-il faire croire, avant d’ouvrir une autre fenêtre sur les perspectives du patronat qu’il dirige.
« Nous envisageons de mettre en palce la maison de l’entrepreneuriat, ce qui est déjà très avancé et qui devient la maison du secteur privé guinéen. Nous allons conduire plus tard à la formation des jeunes de façon à ce qu’ils soient des chefs d’entreprises. Le patronat, c’est le défenseur du secteur privé, c’est comme le syndicat des employés. Donc la cacophonie là va pour des raisons personnelles, qui n’ont pas de sens. On ne veut pas me voir, on dirait que j’étais en train de m’approprier des biens qui appartiennent à quelqu’un. Le patronat est à la portée de tout le monde. Je pense que c’est une mauvaise lecture de ceux qui aujourd’hui, vivent au niveau du patronat. Tout le monde peut se donner les mains, chacun a une branche d’activités précises, chacun se développe dans une branche d’activités précises. C’est la convergence de tout cela qui peut conduire à la mise en place d’un bureau ».
Bah Mohamed
