Dans une mission d’inspection au niveau des juridictions de son ressort, le procureur général près la Cour d’Appel de Conakry était dans la préfecture de Boffa ce lundi, 21 mars 2022. Accompagné d’une forte délégation du parquet, Alphonse Charles Wright s’est rendu à la prison civile de Boffa, située à quelques mètres seulement de la place des martyrs et du Tribunal de première instance. Là, il a été surpris de constater que l’enceinte de ce bâtiment carcéral a été transformé en garage d’engins roulants. Chose qui a mis le Procureur Général dans tous ses états.
Face à cette réalité déplorable, le magistrat a promis des sanctions.
“C’est devenu de la casse ? Non répond le régisseur. Non, c’est la casse!”, s’exclame le Procureur, avant d’ajouter:
« Je n’ai jamais vu une prison civile désordonnée plus que cette prison civile (…) c’est un garage !» Avant de s’adresser au juge de paix Ibrahima Sow en ces termes: « M. le juge de paix, ordonnez qu’ils enlèvent tout ça (carcasses de motos usées et en réparations) et c’est vous qui savez où vous devez les envoyer. Cela veut dire qu’ils (Agents pénitentiaires) ne suivent pas vos instructions. Ce n’est pas normal ! Comment voulez-vous que nos partenaires au développement nous appuient alors qu’on n’est même pas sérieux ? On ne fait pas de sérieux, comment ça peut aller ? La responsabilité, on ne la négocie pas, soit on l’assume ou on l’assume pas et les gens souffrent avec notre silence ou on assume, on fait ce que la loi dit de faire. On ne peut pas laisser les gens faire ce qu’ils veulent… », a lâché le Procureur.
En un laps de temps, l’enceinte de cette prison civile fut débarrassée de toutes ces carcasses par des mécaniciens et quelques gardes pénitentiaires qui étaient venus prêter mains fortes. Alphonse Charles Wright a laissé entendre que des actes de ce genre sont intolérables et que des sanctions seront bientôt infligées aux coupables.
En plus de cette réalité déplorable, l’infirmerie de la prison civile tout comme les autres d’ailleurs visitées par la délégation est en manque de médicaments. Les détenus vivent par conséquent sans soins en cas de maladie ou de blessures, a fait savoir Malick Manè, l’infirmier détaché dans la localité par le ministère de la Santé Publique.
Moussa Rama, Boffa, pour Lerevelateur224.com
