Une manifestation a éclaté dans la matinée de ce mercredi, 09 février 2022 au marché de Gbessia, dans la commune de Matoto. Des femmes rouges de colère, ont pris d’assaut une bonne partie de la route pour se faire entendre. Elles manifestaient contre la vente d’une partie de leur marché à un certain Diaby, qui aurait fait venir des agents pour déguerpir les occupants. Une manifestation qui a étouffé la circulation, avant l’intervention des agents de maintien d’ordre, qui sont accusés de destructions de biens par les manifestantes.
Tout semblait à l’envers à Gbessia marché dans cette matinée. Des femmes furieuses contre l’occupation d’une partie du marché par des hommes en tenue, ont barricadé la chaussée pour dénoncer ce qu’elles appellent : « provocation de trop ». Mais c’était sans compter sur les agents de forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestantes.
« Aujourd’hui, à 4 heures du matin, le nommé Diaby a envoyé 4 pickups remplis de militaires des communes de Matam et de Ratoma pour tout détruire ici. C’est le premier maire de Matoto, Alkhaly Mohamed Keita qui a vendu ici en complicité avec le chef de quartier.
Nous disons au colonel Mamadi Doumbouya que nous ne voulons pas de problème. C’est Diaby qui est venu nous provoquer. Si le président n’intervient pas ici aujourd’hui, il y aura des morts… « , a averti Mamet Sylla.
Interrogé sur place à ce sujet, l’administrateur du marché est revenu sur le film de cette affaire.
« Depuis des années, on a constaté, à travers des échos, un certain Diaby qui réclame chaque fois une partie du marché pour être une propriété privée. Quand on a mené des enquêtes, on a trouvé que ce n’est pas sa propriété privée mais, c’est une partie du marché…en tant qu’administrateur du marché, au nom de mon maire Mamadouba Tos Camara ; la première des choses, tu ne peux pas réclamer une chose sans passer par l’autorité de tutelle et qu’elle te donne l’aval de faire la chose », s’est insurgé Sangaré Lancinet, qui promet d’évaluer les dégâts et situer les responsabilités :
« En tant qu’autorité, nous ne sommes pas informées de la chose. Donc, pour cela, notre devoir comme ce que le maire nous a dit, c’est de faire le recensement d’abord, sensibiliser toutes les femmes qui sont les manifestantes pour qu’elles soient tranquilles, afin que la quiétude soit préservée. Ensuite, on va faire le recensement de tous les dégâts causés. Après, on va faire un rapport qui va conduire à celui qui a fait et nous expliquer les raisons », a-t-il laissé entendre.
D’ailleurs à en croire ces manifestantes, des militants et quelques proches de Diaby qui se réclame propriétaire de cette partie du marché, les ont attaquées et détruit beaucoup de biens.
« Avant qu’on ne vienne ici, le nommé Diaby est allé appeler ces militaires pour venir détruire nos magasins. Ils ont fait sortir 8 sacs de manioc, 6 sacs de patate, 6 sacs d’orange, des bidons d’huile, ils ont tout envoyé », a indiqué une manifestante.
Bah Mohamed