Après la rebaptisassions de l’aéroport de Conakry qui porte désormais le nom du premier Président guinéen, l’Association des Victimes du Camp Boiro menace de porter l’affaire devant les juridictions compétentes, si le décret n’est pas annulé. Elle l’a fait savoir ce samedi 18 décembre au cours d’une conférence de presse. Pour cette association, il est inadmissible de faire porter le nom d’une vitrine du pays à une personne qui a fait des centaines de morts.
Boubacar Barry, membre de cette association et ancien Ministre soutient que si le décret n’est pas annulé, l’affaire sera portée devant la justice.
« Aujourd’hui, nous sommes en colère, c’est le temps de le dire et c’est une situation que nous ne pouvons pas accepter. Je pense qu’au de-là simplement des déclarations, nous on va nous organiser au sein de toutes les victimes et associations de victimes qui sont préoccupées par la défense des droits humains, on portera ce dossier devant la justice. C’est un acte administratif malgré tout, on peut l’attaquer, il ya des motifs suffisants », a-t-il menacé.
L’AVCB considère cette dernière décision du Colonel Président comme une manière de faire oublier les crimes commis par l’ancien Président et banaliser les victimes. Abdoulaye Conté et ses membres exhortent le CNRD de retirer ce décret qui pour eux, est divisionniste.
« Aujourd’hui, c’est de faire comprendre au CNRD que nous avions eu confiance à leurs premiers actes. Nous avions pensé que nous allions vers un rassemblement effectif. Mais ce dernier décret est un décret de division, un décret qui nous alarme. La seule chose que l’Association des Victimes du Camp Boiro demande aujourd’hui, c’est le retrait pure et simple de ce décret, car il divise la Guinée », argue Abdoulaye Conté.
Cette rebaptisation de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré du nom du premier Président guinéen et père de l’indépendance est perçue comme un choc dans les rangs de l’association des victimes du Camp Boiro. Abdoulaye Conté, le secrétaire exécutif de l’AVCB.
« Pourquoi nous sommes choqués, le premier président de la Guinée indépendante, c’est vrai qu’il a été et fait partie des héros de l’indépendance comme bien d’autres. Mais le côté tyran de Sékou Touré a marqué la Guinée pour toujours. Nous parlons d’un tyran qui laisse derrière lui, des milliers de victimes dans les fosses communes » Explique-t-il
L’Association des Victimes du CAMPS Boiro refuse que le CNRD fasse l’apologie du crime en glorifiant Ahmed Sékou Touré.
Moussa Rama, pour Lerevelateur224.com