Des occupants d’une partie de la Cité Sans Fil, située dans la commune de Kaloum ont précipitamment plié bagages ce mardi 14 décembre au matin et libéré cet ancien poste qui abritait la radio Banane avant l’indépendance du pays. Ils dénoncent la corruption dans ce déguerpissement alors que l’huissier de justice en charge du dossier affirme le contraire. Ce dernier déclare d’ailleurs que la procédure s’est faite dans le strict respect des normes et que les occupants de cette partie de la cité ont tous été indemnisés.
Sommés de quitter les lieux, les occupants des 318.375 mètres carrés, cet espace situé dans l’enceinte de la cité Sans fil, parlent de corruption de certaines autorités, selon les explications d’Abdel Kékoura Yombouno, occupant d’un appartement des lieux.
“Nous avons été victimes de déguerpissement mais associé à la corruption. Parce qu’on a vu hier soir un sac contenant de l’argent qui a été distribué aux occupants (…) Quand vous regardez l’endroit, un lieu a été donné à un libanais, il y a de cela 8 ans. Maintenant qu’il y a eu changement de régime, le même libanais est venu distribuer de l’argent ici aux gens sous prétexte que c’est le CNRD qui a donné l’ordre”, explique-t-il.

Pourtant, en 2014, ils reconnaissent tous avoir reçu une somme de la part de l’Etat, afin de pouvoir libéré les lieux. Mais l’arrivée de Jonnas Moukamba Diallo au Patrimoine Bâti Public a bouleversé les procédures. Ce dernier à l’époque, aurait remis en cause la procédure de bail en cours indiquant par ricochet aux occupants d’y rester. Mais avec l’avènement des nouvelles autorités, la procédure judiciaire fut relancée et la justice ordonne une exécution de l’ordre, à en croire Me Aboubacar N’Diaye, Huissier de justice.
“On a eu à partir devant le Tribunal de Première Instance de Kaloum, là-bas, on a bénéficié d’une décision et si nous venons pour l’exécuter, je me dis qu’il ne devait pas y avoir de problème. Dans les temps, on avait tenté de le faire, mais il y a eu interposition de l’ex gouvernement. Et à travers plusieurs appels faits de part et d’autre, cela a fait foirer l’exécution. Vu l’arrivée du nouveau gouvernement, on a essayé de relancer le dossier comme c’est la justice. On a refait les procédures sans qu’eux-mêmes be sachent que ce que nous sommes en train de faire que ce n’est pas normal qu’ils soient là”, indique cet huissier de justice.

Pendant ce temps, les occupants sont en train de plier bagage au moment où nous étions sur les lieux. Par ailleurs, ils déplorent qu’un préavis ne leur soit donné.
“Nous sommes allés au Haut Commandement de la Gendarmerie afin de rencontrer Balla Samoura. Ce dernier, nous a dit de quitter les lieux mardi. On lui a expliqué que nos enfants vont à l’école de nous accorder un préavis de trois(3) mois, il a dit que cela n’est plus possible”, souligne Safiatou Diallo, une occupante des lieux.

A rappeler que l’Etat guinéen, représenté à l’époque par l’ancien ministre de l’urbanisme et de l’Habitat, Ibrahima Bangoura, agissant en sa qualité de bailleur a donné en bail les lieux à la société K et L Compagny SARL pour une durée de 45 ans.
Moussa Rama, pour Lerevelateur224.com