Lors de son passage dans la rubrique revue de presse de Norbert Navaro, François Soudan, directeur de publication à ‘’Jeune Afrique’’ est revenu sur le scenario qui a conduit à l’arrestation de l’ancien président Alpha Condé, Guinéen par son homme de confiance, le Colonel Mamady Doumbouya , commandant des forces spéciales et actuel président du CNRD.
D’entrée, François Soudan précise que d’après ses informations, Alpha Condé se porte bien:
‘’Alpha Condé était seul au premier étage de son palais, c’est là qu’il a été arrêté. Il a été mis à genoux , il a été menotté d’après des témoignages très précis que nous avons eu avant d’être amené dans une antenne des forces spéciales installées à l’entrée de Kaloum, dans une elle du palais du peuple.’’
Comment va-t-il?
‘’ Son médecin, le Colonel Kaba Keïta lui rend visite quotidiennement et d’après ce que l’on sait, il va plutôt bien. Le vrai bras de faire, c’est sa démission, est-ce que c’est signé, ce n’est pas signé, jusqu’à ce dernier temps, ils ont refusé de signer’’, a-t-il rapporté.
À la question de savoir, comment les forces spéciales ont mis main facilement sur Alpha Condé, François Soudan répond:
‘’Il y avait d’abord des déséquilibres des forces de part et d’autre. Les hommes du Colonel Doumbouya étaient beaucoup plus armés que la garde présidentielle, et ensuite le Colonel Doumbouya a manifestement bénéficié d’une scène passivité, d’inactivité, d’inaction, et peut-être de complicité de la part de la quasi-totalité des hautes autorités militaires, notamment les Généraux Traoré qui est le chef d’État major, Baldé de la gendarmerie, Bangoura gouverneur militaire de Conakry, tous très silencieux pendant le putsch.
Comment expliquer avec 500 hommes à peine 400, Doumbouya, le lieutenant colonel puisse prendre Conakry et le président facilement? », s’interroge-t-il.
Parlant du bilan de l’assaut meurtrier conduit par le Colonel Mamady Doumbouya, ce journaliste français qui écrit pour Jeune Afrique depuis 1977 déclare :
« Il y a eu des affrontements meurtriers entre les bérets rouge du bataillon de la sécurité présidentiel et la force spécial du Colonel Doumbouya au tour du palais de Sékhoutouréya. Au moins, une quinzaine de morts selon nous, donc le colonel Moriba Camara qui est le commandant de la protection rapprochée d’Alpha Condé. C’est un déséquilibre dont je parlais de formation entre les deux unités, d’un côté les blindés, mitrailleuses et mortiers et de l’autre côté, pratiquement des armes légères, la résistance a été courte”, souligne François Soudan.
S’agissant du sursaut attendu des forces loyales à Alpha Condé, François précise:
« La stratégie de Doumbouya a été très rapide. Une partie de ses troupes est allée bloquer le camp où se trouvait la garde présidentielle. Il y avait un léger cordon autour de Sékhoutouréya et plus c’était un dimanche. Et à partir du moment où ils ont pris le président, et ils ont eu le réflexe de balancer les images de son arrestation et puis ses complicités ont joué un rôle incontestable”, nous rapporte-t-il.
Beaucoup d’observateurs estiment qu’Alpha Condé a vu le danger venir, mais il était aveuglé par son homme de confiance. François Souda aborde dans le même sens:
» Il a été tapé dans l’œil par ce gaillard de 37 ans au CV opérationnel impeccable. Alpha Condé était très fier de ses forces spéciales au point que pendant des mois, il a ignoré toutes les notes des services de renseignement qui attiraient son attention sur le danger qu’il allait y avoir de ces forces spéciales, la mieux armée des forces de défense. Il avait cédé ces derniers temps. Il a demandé à ses forces spéciales soient délocalisées de Conakry à Forécariah, ce qui a été fait. Il avait également signé un décret de formation d’une contre force qui était en cours d’entraînement dans la région de Kankan, mais c’était beaucoup trop tard », a-t-il conclu.
Amadou Oury Barry pour lerevelateur224.com
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