Le tribunal de première instance de Siguiri a examiné, ce vendredi, une affaire impliquant 27 personnes poursuivies pour consommation de chicha, une substance dont l’usage est interdit en Guinée. Le ministère public a requis six mois d’emprisonnement avec sursis et deux millions de francs guinéens d’amende contre les prévenus qu’il estime impliqués. La décision du tribunal est attendue lundi prochain.

L’affaire de la chicha continue de faire parler à Siguiri. Après une opération de ratissage menée récemment par les services de sécurité dans plusieurs débits de boissons et boîtes de nuit, 27 personnes interpellées ont été déférées devant le parquet de la République près le tribunal de première instance de Siguiri.
Selon Dominique Loua, procureur de la République près cette juridiction, une enquête a été ouverte à la suite de ces interpellations. Les personnes concernées ont ensuite été poursuivies pour consommation de chicha, une substance présentée par le parquet comme un produit psychotrope interdit par arrêté conjoint.

« Nous avons pris le dossier en flagrant délit pour consommation de chicha, qui est une substance psychotrope, selon les dispositions de l’article 812 du Code pénal », a expliqué le procureur.
Six mois de prison avec sursis et deux millions GNF d’amende requis
À l’audience de ce vendredi, les 27 prévenus ont comparu devant le juge pour répondre des faits qui leur sont reprochés. Après les débats, le ministère public a distingué les personnes qu’il estime impliquées dans la consommation de cette substance de celles qui, selon lui, ne seraient pas directement concernées.
Pour les prévenus considérés comme impliqués, le parquet a requis six mois d’emprisonnement avec sursis et une amende de deux millions de francs guinéens chacun.
Le procureur a toutefois rappelé que la décision finale appartient au tribunal. L’affaire a été mise en délibéré, et le verdict est attendu lundi prochain.
Le parquet lance un avertissement aux détenteurs de chicha

À la suite de cette audience, Dominique Loua a lancé un avertissement aux personnes qui détiennent encore des stocks de chicha ou du matériel destiné à sa consommation. Il les a invitées à déposer volontairement ces produits au parquet avant leur découverte par les services de sécurité. Selon lui, cette démarche pourra se faire sous anonymat.
« Tous ceux qui savent qu’ils ont des stocks chez eux, nous leur donnons un moratoire de venir les déposer au parquet ici avant que les services de sécurité ne les découvrent », a déclaré le procureur.
Il a également prévenu que les personnes découvertes en possession de ces produits pourraient être interpellées, même si elles ne sont pas prises en flagrant délit de consommation.
« La lutte ne fait que commencer »
Le procureur de la République a insisté sur la détermination des autorités judiciaires et des forces de sécurité à poursuivre cette opération dans la préfecture de Siguiri.
« Je crois que c’est une première fois et que ça va servir de leçon à tous ceux qui sont candidats à de telles pratiques, parce que l’opération n’a fait que commencer », a-t-il averti.
Il a enfin précisé que le parquet ne demande pas la condamnation de personnes qu’il estime hors de cause, tout en soulignant que la décision définitive revient au président du tribunal.
Le verdict attendu lundi prochain permettra aux 27 prévenus d’être fixés sur leur sort dans cette affaire qui marque une nouvelle étape dans la lutte contre la consommation de chicha à Siguiri.
Depuis Siguiri, Ibrahima Faraba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

