Le Tribunal correctionnel de Première Instance (TPI) de N’Zérékoré a rendu son verdict ce jeudi dans le dossier du réseau « Infiniti muledum », jugé pour traite d’êtres humains. Le président par intérim du tribunal, Mohamed Lamine Camara, a tranché : deux des prévenus ont été reconnus coupables et condamnés à des peines de prison, tandis que les onze autres ont été innocentés et sommés de quitter la ville.
Les condamnations : des peines d’emprisonnement assorties de sursis
Contrairement à la majorité du groupe, Alassane Diallo (considéré comme le chef de file) et Ibrahima Keïta n’ont pas échappé à la rigueur de la loi. Le juge les a reconnus coupables du délit de traite des êtres humains.
Lors de la lecture du délibéré, Mohamed Lamine Camara a détaillé les peines applicables selon les dispositions du Code pénal et du Code de procédure pénale.

« Le tribunal […] déclare Alassane Diallo et Ibrahima Keïta coupables du délit de traite des êtres humains qui leur sont reprochés. Pour la répression, condamne Alassane Diallo à trois ans d’emprisonnement dont 24 mois assortis de sursis simple. Condamne Ibrahima Keita à trois ans d’emprisonnement dont 32 mois assortis de sursis simple », a tranché le juge audiencier.
Concrètement, cette décision signifie qu’Alassane Diallo devra purger une peine ferme de 12 mois (un an), tandis qu’Ibrahima Keïta écope de 4 mois de prison ferme, le reste de leurs peines étant suspendu. Les frais de justice ont été mis à leur charge.
Onze accusés relaxés avec interdiction de rester à N’Zérékoré
Suivant en partie les réquisitions du ministère public qui considérait la majorité des prévenus comme des victimes de fausses promesses d’emploi, le tribunal a déclaré onze personnes non coupables. Il s’agit de : Fatoumata Kaba, Boussoura Barry, Mamadou Maladho Touré, Amadou Diallo, Alpha Omar Diallo, Binta Diallo, Mory Traoré, Mohamed Souma, Mamadou Barry, Souleymane Bah et Fatoumata Binta Diallo.
Toutefois, le juge a assorti cette relaxe d’une injonction stricte et peu commune : les personnes libérées ont été sommées de quitter immédiatement N’Zérékoré pour regagner leurs villes d’origine respectives. Une mesure préventive visant à éviter qu’elles ne soient à nouveau impliquées ou piégées dans des affaires similaires dans la région forestière.
Enfin, le tribunal a rappelé aux différentes parties, y compris au ministère public, qu’elles disposent d’un délai légal de 15 jours pour interjeter appel de cette décision si elles s’estiment lésées par le jugement.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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