À Kissidougou, la nouvelle année scolaire intervient sur fond de rapports très tendus entre les parents d’élèves et les fondateurs ou administrateurs des écoles privées. Beaucoup de parents d’élèves sont montés au créneau tout récemment pour dénoncer les coûts excessifs des frais d’écolage dans les établissements privés de la place.
Pour exprimer leur indignation, ces parents d’élèves ont fustigé la mauvaise foi de certains fondateurs auxquels ils reprochent des augmentations fantaisistes des mensualités à l’occasion de chaque rentrée scolaire. Également dans leurs cris de cœur, les parents n’ont pas été du tout tendres avec les autorités locales qui, selon eux, sont restées muettes face à cette situation.
Néanmoins, avec la reprise des cours le lundi 5 octobre, les parents d’élèves étaient désormais dans l’obligation de se plier aux exigences financières des écoles privées, s’ils veulent voir leurs enfants reprendre les chemins de l’école. C’est le cas de dame Fanta Millimouno qui doit faire face à la scolarité de ses trois enfants qui évoluent dans 2 écoles privées différentes.

« Vraiment, c’est devenu insupportable pour nous les parents d’élèves, mais que faire? Nous n’avons pas de choix sinon cette situation nous met à genoux financièrement. Cette affaire d’écoles privées est devenue un fond de commerce à Kissidougou. À chaque rentrée scolaire, il faut s’attendre à nouvelle augmentation. Pour mon garçon qui doit faire la 9ème année, je vais payer 1 200 000 Gnf avec une exigence de 500 000 Gnf comme première tranche.
Pour ma fille qui fait la maternelle, je dois payer 600 000 francs tandis que pour l’autre fille qui fait la 4ème année, on me demande de payer 850 000 francs. Alors, comparativement à ce que j’ai payé l’an passé pour les trois enfants, il y a une grande différence. Chaque année, c’est comme ça. C’est pourquoi, on a beaucoup dénoncé cette situation pour alerter les autorités qui doivent prendre leurs responsabilités pour jouer à l’arbitre. D’ailleurs ,pour cette année, c’est déjà fini, mais vous allez voir encore l’année à venir ça sera pire. Vraiment, nous sommes à bout de souffle et nous sollicitons l’implication des autorités surtout la Mairie », a-t-elle déploré.
Du coté des fondateurs d’écoles privées réunis au sein d’une coordination préfectorale, même si les portes sont grandement ouvertes pour le dialogue avec les autorités, on ne manque pas d’arguments pour justifier cette tendance haussière des frais de scolarité. Kémoko Camara, alias Kémolass, est le président de la coordination préfectorale des fondateurs d’écoles privées de Kissidougou. Il revient d’abord sur les différentes rencontres avec les autorités communales autour de cette question de scolarité.

« Je tiens tout d’abord à préciser que notre association vient de voir le jour et cela, c’est grâce à l’implication de monsieur le D.P.E qui a souhaité que toutes les écoles privées se regroupent au sein d’une coordination. À date, nous n’avons pas d’abord l’adhésion de tous les fondateurs, mais les efforts sont en cours pour d’abord identifier ces écoles puis les sensibiliser pour l’adhésion. Nous avons un statut et des règlements intérieurs.
Effectivement, nous avions eu une première rencontre avec la commission éducation de la commune urbaine de Kissidougou et nous avions échangé autour des questions liées à la scolarité dans les écoles privées. C’était précisément le 17 septembre 2026 mais faute de mobilisation effective, la rencontre a été remportée. Ensuite, il y’a eu une seconde rencontre qui est intervenue à la veille de la rentrée scolaire et qui avait mobilisé plus de 70 fondateurs d’écoles privées. Alors, à cette occasion, les autorités communales avaient demandé à ce qu’on maintienne la scolarité aux taux de l’an passé. Mais concrètement, nous avons répondu que cette demande était tardive parce que la rentrée administrative avait déjà lieu et beaucoup d’écoles avaient déjà commencé les inscriptions et réinscriptions.
Pratiquement, cela n’était plus réalisable. On a suggéré aux autorités de poursuivre ses discussions dans le cadre de l’année prochaine. Toutefois, je ne peux pas nier le fait qu’il y ait des écoles qui exagèrent dans la fixation des prix. Dans ce cas, si les autorités repèrent une école qui est dans l’excès, on peut m’informer et on va les faire venir à la raison », a-t-il déclaré.
Continuant, le président de la coordination a énuméré un chapelet de difficultés auxquelles les fondateurs sont confrontés.
« Franchement, en tant que fondateurs, nous sommes sensibles à ce que traversent les parents d’élèves ; mais il faut reconnaître que nous aussi faisons face à d’énormes difficultés financières pour l’entretien et le fonctionnement de nos écoles. Souvent, nous sommes contraints de débloquer des fortes sommes pour préparer la rentrée scolaire. Il y a entre autres, l’achat des manuels, le recrutement et la gestion financière des enseignants sans compter la réparation du mobilier. Nous supportons toutes ces dépenses avec le coût actuel du marché. Malgré toutes ces saignées financières, personnellement, je fais des marges de tolérance surtout avec les parents crédibles. Par exemple je fais une réduction de 10% pour les parents qui ont deux enfants ou plus.
Ensuite, au niveau de l’échelonnement des payement, je fais souvent avec le gré des parents. Donc, rien n’est fantaisiste et ce n’est nullement pas par mauvaise foi mais parfois nous avons les mêmes difficultés », s’est-il défendu.
En tout cas, d’après certains responsables de la commune urbaine de Kissidougou, les tractations continuent entre la commission éducation et la coordination des écoles privées pour une régularisation de la scolarité.
Mais pour beaucoup d’observateurs, il est difficile de croire encore que ces négociations entre autorités et fondateurs d’écoles privées puissent changer quelque chose en pleine année scolaire. Ils estiment que c’est trop tard pour cette année scolaire.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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