Depuis quelques jours, véhicules et motos ne peuvent plus accéder librement à la Place des Martyrs et à la Maison des jeunes de Kankan. Alors que l’accès aux lieux est restreint depuis la semaine nationale de l’indépendance, des usagers affirment que des frais leur sont réclamés. Le préfet et la mairie disent pourtant ne pas être au courant.

Selon le préfet, colonel Mohamed Niang joint au téléphone depuis Conakry, ces restrictions sont liées aux travaux de rénovation et visent à préserver les lieux.
« C’est pour préserver cet acquis que j’ai rendu beau, pour que les gens viennent prendre de belles images, mais pas pour ramasser de l’argent, pas du tout », a-t-il déclaré, précisant ne pas avoir autorisé la perception de frais.
Pourtant, sur place, certains usagers soutiennent le contraire. Youssoupha Kourouma, photographe, affirme qu’une contribution de 5 000 GNF/jour par photographe aurait été retenue après une rencontre avec les autorités communales. Le montant aurait initialement été fixé à 10 000 GNF.
Du côté de la mairie, le chargé de communication Michel Pivi dit avoir découvert cette situation.
« Je viens d’être informé que l’accès est payé. Alors là, c’est une première », a-t-il déclaré, annonçant que les autorités municipales allaient chercher à comprendre les conditions de cette gestion.

La polémique concerne également les couples. Selon un membre de la commission installée à l’entrée du site, interrogé hors micro, les mariés devraient payer au moins 30 000 GNF, avec un montant pouvant varier selon le nombre d’accompagnants.
Une affirmation qui reste à confirmer officiellement.
Pour Nakany Konaté, membre du comité d’animation de la Maison des jeunes, cette situation révèle surtout un problème de clarification des responsabilités entre les différents acteurs intervenant dans la gestion des lieux.
Notre rédaction a également contacté le directeur préfectoral du Patrimoine bâti, Moussa Valdo Sangaré, qui affirme ne rien savoir de cette situation. Le directeur préfectoral de la Jeunesse, lui, estime que le préfet s’est déjà montré clair: l’accès au site ne doit pas être payant.

Pour l’heure, les autorités concernées sont appelées à clarifier les conditions de gestion de la Place des Martyrs et l’origine des éventuels paiements réclamés aux usagers.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

