Le fléau de la traite d’êtres humains sous le couvert de fausses promesses d’emploi continue de faire des ravages en région forestière. Ce mercredi 7 octobre 2026, le Tribunal de Première Instance (TPI) de N’Zérékoré s’est penché sur le dossier du réseau « Infiniti ». À la barre, treize prévenus, dont trois jeunes femmes, ont répondu des chefs d’accusation de recrutement, transfert, accueil et hébergement à des fins de traite humaine.
Un mode opératoire basé sur la tromperie et l’illusion d’un « emploi sûr »
L’interpellation de ce groupe a eu lieu dans le quartier N’yankoyakpala, où les forces de l’ordre ont découvert treize personnes s’entassant dans un modeste appartement de deux chambres.
À la barre, les accusés ont unanimement rejeté les charges retenues contre eux. Leur ligne de défense a mis en lumière le mode opératoire classique de ce type d’escroquerie en réseau : ils ont affirmé avoir été attirés depuis Conakry par des proches, qui leur faisaient miroiter une opportunité d’emploi stable et rémunérateur à N’Zérékoré. Une fois sur place, le piège se refermait. Les nouvelles recrues se retrouvaient intégrées dans une structure opaque dirigée par un certain Alhassane Diallo.
Ce dernier, considéré comme le principal accusé dans ce dossier, a d’ailleurs reconnu devant le juge être la seule personne habilitée à contrôler les entrées et sorties des membres de cette unité, confirmant ainsi l’emprise exercée sur le groupe.
Le dilemme du Parquet : des prévenus considérés comme des victimes

Lors de ses réquisitions, le substitut du procureur, Mohamed Fatoumata Soumah, a exprimé une certaine frustration face à la posture de déni adoptée par la majorité des prévenus. Bien qu’ils aient été trompés, leur refus de coopérer pleinement pour démanteler le réseau a été souligné par l’empereur des poursuites.
« Monsieur le président, un bon nombre de ces personnes qui sont par devant votre tribunal peut être considéré comme victime de ce réseau. Parce que ce sont des gens qui ont été appelés, contactés par leurs proches pour des emplois fictifs. Sauf qu’ils ne veulent pas aider votre tribunal pour la manifestation de la vérité », a-t-il affirmé.
Les réquisitions : La clémence pour le groupe, la fermeté pour le chef de file
Malgré ce manque de collaboration, le représentant du ministère public a fait preuve de discernement en séparant le cas du recruteur principal de celui des autres membres du groupe.
Le parquet a ainsi plaidé la non-culpabilité pour douze des treize prévenus (Fatoumata Kaba, Boussoura Barry, Mamadou Maladho Touré, Mamadou Diallo, Alpha Oumar Diallo, Binta Diallo, Mory Traoré, Mohamed Soumah, Mamadou Barry, Ibrahima Keita, Souleymane Bah et Fatoumata Binta Diallo), estimant qu’ils avaient agi sous le joug de la manipulation.
En revanche, la réquisition a été sans appel pour le chef de file. « Le ministère public que je représente à cette audience demande qu’il vous plaise de les renvoyer des fins de la poursuite. Cependant, le nommé Alhassane Diallo, vous le retiendrez coupable de complicité de recrutement, de transfert, d’accueil et d’hébergement à des fins de traite humaine par de fausses promesses et rémunération. Pour la répression, vous le condamnerez à un an de prison ferme. »
Suite à ces réquisitions, le juge a ordonné la clôture des débats. L’affaire a été mise en délibéré et renvoyée à une prochaine audience pour le verdict final.
Depuis N’Zérékoré, JOB BEAVOGUI, pour Lerevelateur224.com.
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