À Tanènè Mosquée et autour de la base militaire de Yimbaya, plusieurs riverains disent avoir été sommés de libérer leurs logements dans un délai de 24 à 48 heures, alors que des opérations de démantèlement d’immeubles sont annoncées dans la zone. Sur place ce lundi, les habitants rencontrés expriment leur inquiétude et réclament davantage de temps pour se reloger.

La tension est perceptible dans plusieurs quartiers situés aux abords de la zone aéroportuaire de Conakry. Après l’annonce du démantèlement de certains immeubles, des occupants affirment avoir reçu des injonctions de quitter leurs logements dans des délais très courts.

À Tanènè Mosquée, Me Soumah, Hussier de justice et locataire dans l’un des bâtiments concernés, raconte avoir vu, aux environs de 11 heures, une équipe composée notamment d’agents de la gendarmerie et de l’Habitat intervenir dans la zone.

« Quand ils sont venus, nous avons compris que c’était pour l’arrêt des travaux d’un chantier qui était là. Ils ont demandé à tous les locataires de quitter le même jour », témoigne-t-il.

Selon lui, les occupants auraient été informés que les travaux de démantèlement devaient commencer ce lundi. L’objectif annoncé serait de réduire la hauteur des immeubles jusqu’au niveau du premier étage.
Une situation qui inquiète particulièrement les locataires, dont certains disent ne pas disposer des moyens nécessaires pour trouver rapidement un nouveau logement.

«Je ne suis qu’un locataire, mais ce n’est pas évident de venir loger les gens en plein hivernage. Nous sommes dans un bâtiment privé. S’il y a une mesure comme celle-ci, est-ce qu’il y a des mesures d’accompagnement ? », s’interroge-t-il.
Il évoque également le coût du relogement à Conakry, où certains propriétaires exigent plusieurs mois d’avance.
«Si vous logez à 2,5 millions, on va vous demander 3 millions ou 3,5 millions, avec une avance de trois à cinq mois, voire six mois. Où va-t-on prendre cet argent ? », déplore-t-il.

Même les occupants des étages qui devraient être maintenus se disent préoccupés par la sécurité. Selon les informations communiquées aux riverains, les troisième et deuxième niveaux seraient concernés par le démantèlement, tandis que le premier étage devrait rester en place.

À Yimbaya Base militaire, le constat est similaire. Fatoumata Condé affirme avoir été informée samedi matin par des mécaniciens de la zone de l’arrivée de militaires qui auraient demandé aux occupants de libérer les lieux dans un délai de 24 heures.

«Ils sont venus demander de libérer dans les 24 heures qui suivent. Depuis ce jour-là, on attend, on ne sait pas quoi faire. On n’a pas là où aller », explique-t-elle.
La riveraine affirme avoir tenté de se rapprocher des autorités locales, sans obtenir davantage d’informations.
« Nous sommes partis voir le chef de quartier, il m’a dit qu’il n’était pas au courant. La mairie dit aussi qu’elle n’est pas au courant », rapporte-t-elle.
Face à cette situation, Fatoumata Condé ne conteste pas le principe d’une éventuelle évacuation, mais demande aux autorités de leur accorder un délai raisonnable.
« Libérer la maison, c’est bon, mais ils n’ont qu’à donner le temps. Ils n’ont qu’à nous donner le temps, on va libérer. Mais dire de libérer dans les 24 heures, on ne sait pas quoi faire », insiste-t-elle.

Dans l’attente d’éventuelles précisions des autorités compétentes, plusieurs habitants disent avoir suspendu leurs activités et restent sur place, craignant l’arrivée des équipes chargées des opérations.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.

