Deux concessionnaires, dont un militaire à la retraite, accusent le système de canalisation des eaux de ruissellement de la Grande Mosquée d’être à l’origine d’une érosion sévère qui ronge leurs habitations. Les faits se déroulent au quartier Yassafè-Kôrô, dans la commune urbaine de Kissidougou.

Cette situation angoissante perdure depuis plusieurs années. Sous l’effet des fortes pluies qui s’abattent sur la ville, l’érosion s’accélère à une vitesse alarmante, augmentant le risque d’éboulements aux conséquences humaines et matérielles potentiellement dramatiques.
Aujourd’hui, la menace ne pèse plus seulement sur les occupants de ces deux logements : elle s’étend à l’unique passage emprunté par les riverains, notamment de nombreux enfants sur le chemin de l’école. En dépit des démarches répétées des deux propriétaires auprès des autorités administratives et des responsables de la mosquée, aucune solution définitive n’a été apportée.

L’impuissance et l’angoisse des riverains
Ancien chauffeur, Ousmane Kouyaté est l’un des concessionnaires touchés. Il revient sur l’origine du problème.

« J’habite ici avec ma famille depuis 1978 et mon bâtiment n’avait jamais eu de problème d’inondation ou d’érosion. Mon calvaire a commencé lorsque le système de canalisation de la Grande Mosquée a été installé. Ce canal est orienté directement vers nos deux bâtiments. Même en cas de faible pluie, l’eau déferle avec puissance.
Au début, nous avons signalé le problème aux responsables de la mosquée, qui avaient promis de prolonger la canalisation jusqu’au bas-fond. Malheureusement, cette promesse n’a jamais été tenue. Nous avons ensuite saisi la mairie, depuis l’époque du maire Yomba Sanoh jusqu’à l’installation de la délégation spéciale. Nous avons frappé à toutes les portes, sans succès. Pendant la nuit, s’il pleut, nous ne fermons plus l’œil. Chaque averse aggrave la dégradation de nos maisons », a-t-il expliqué.
Sans moyens financiers pour réaliser des travaux de sécurisation, le vieil homme lance un appel au secours.
« Nous ne comptons que sur ces bâtiments. Nous n’avons nulle part où aller. C’est pourquoi nous sollicitons l’implication des autorités et des personnes de bonne volonté. Si rien n’est fait, nous risquons de nous retrouver à la rue avec nos familles. Nous sommes des personnes âgées et nous n’avons pas les ressources pour faire face à de tels travaux », a-t-il déclaré.
La réaction de la Ligue islamique préfectorale
Du côté des responsables religieux, on rejette ces accusations tout en appelant à la solidarité envers les victimes.
Oustaz Mohamed Kanté, secrétaire général adjoint de la Ligue islamique préfectorale, estime que les eaux de ruissellement proviennent de plusieurs sources.

« Je compatis sincèrement au calvaire de ces deux familles, mais je pense qu’elles accusent la Grande Mosquée à tort. Les eaux responsables de cette érosion viennent de divers endroits, et pas uniquement de la mosquée. De plus, ces deux bâtiments se situent à quelques mètres du bas-fond, ce qui en fait un point de convergence naturel des eaux », a-t-il argué.
Face au risque d’un drame imminent, l’urgence exige une intervention rapide des autorités locales afin de sécuriser les lieux avant qu’il ne soit trop tard.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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