La fragile cohabitation entre agriculteurs et éleveurs est de nouveau mise à rude épreuve dans la préfecture de Mali. À Touba Bagadadji, plus précisément dans le district de Bandany Ley Bowal, la découverte de plusieurs bœufs tués par balle la semaine dernière suscite une vive émotion.
Alors que les éleveurs pointent du doigt un cultivateur et imam local, ce dernier rejette formellement ces accusations. Une enquête est ouverte pour faire la lumière sur cette affaire.
La version des éleveurs : des menaces mises à exécution
Pour les propriétaires des troupeaux, le coupable ne fait aucun doute. Ibrahima Sory Diallo, porte-parole des éleveurs lésés, explique que le conflit couve depuis plusieurs années. En l’absence de points d’eau aménagés, les bêtes sont contraintes de traverser les zones de culture pour s’abreuver à la rivière.
Selon lui, le cultivateur incriminé réclame régulièrement des dédommagements et a franchi un cap dans l’intimidation.
« À plusieurs reprises, il nous a dit qu’il allait tuer les bœufs et même leurs propriétaires s’ils revenaient dans son champ », a-t-il accusé.
C’est en se rendant sur place pour constater les dégâts causés par leurs animaux, suite à une énième plainte du cultivateur, que les éleveurs affirment avoir fait la macabre découverte : deux bœufs gisant sans vie, abattus par balle derrière le champ.
Le démenti formel du cultivateur
Face à ces graves accusations, le cultivateur pointé du doigt, Elhadj Karamo Diaby, par ailleurs imam de la localité, se défend catégoriquement. S’il ne nie pas l’existence d’un conflit foncier et agropastoral persistant depuis plus d’une décennie, il réfute toute implication dans l’abattage des animaux.
« Les bœufs détruisent mon champ depuis des années. J’ai toujours appelé leurs propriétaires pour qu’ils viennent les récupérer. Je n’ai jamais tué un seul bœuf », a-t-il déclaré.
L’imam admet avoir retenu deux animaux dans son champ pour réclamer une indemnisation, mais affirme ignorer comment les bêtes ont été tuées. Pour prouver son innocence, il se dit même prêt à prêter serment sur le Saint Coran.
Intervention des autorités et appel au calme
Alertées par la situation, les autorités locales et la gendarmerie se sont rapidement rendues sur les lieux. Le maire de la commune rurale de Touba Bagadadji, Amadou Oury Barry, a confirmé que les premiers constats de sécurité accréditent la thèse des blessures par balle.
Pour éviter que la situation ne dégénère, dit-il, des mesures conservatoires ont été prises.
« Les services de sécurité ont estimé nécessaire de conduire les protagonistes à Mali-centre afin que les autorités compétentes puissent faire toute la lumière sur cette affaire », a précisé le maire.
En attendant les conclusions de l’enquête judiciaire, les responsables administratifs appellent toutes les parties à la retenue et au calme pour préserver la paix sociale.
Depuis Labé, Mamadou Aliou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.

