C’est une victoire au goût de libération pour les populations de Siguiri. Ce dimanche 26 juillet 2026, la ville a vibré au rythme d’une cérémonie d’action de grâce marquant l’arrêt des destructions environnementales causées par l’exploitation artisanale de l’or à l’aide de machines lourdes (poclains).
Si l’heure est à la reconnaissance envers les plus hautes autorités, les notables locaux n’ont pas manqué de pointer du doigt la complicité troublante de ceux qui étaient censés protéger la région.
Un sacrifice de remerciement après un long combat
Pour marquer le coup et remercier le ciel, l’Union des jeunes pour le progrès de Siguiri, en synergie avec le groupe Anfada tèdotignè et l’UGAF, a procédé à l’immolation de trois bœufs. Cet événement symbolique a réuni les autorités communales, le doyennat, l’Union Mandingue, la Direction préfectorale de la jeunesse, ainsi que des délégations de jeunes venues de Mandiana et de Dinguiraye.
Pour Madou Fina Camara, l’un des porte-paroles de l’Union des jeunes, cette cérémonie est l’aboutissement d’un soulagement collectif.

« Nous rendons hommage à Dieu pour sa grâce qu’Il nous a accordée dans notre lutte contre la destruction de l’environnement […]. Nous remercions le président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, d’avoir entendu nos cris de cœur. L’arrêt des machines poclains dans l’exploitation minière artisanale nous réconforte à plus d’un titre, nous sommes très contents, dépassés la limite, c’est pourquoi nous avons fait ce sacrifice », a-t-il déclaré.
Les lourdes révélations du Doyennat
Derrière la joie de cette victoire citoyenne se cache une réalité amère, soulevée avec courage par le doyen de Siguiri, Elhadj Dramane Magassouba. Selon lui, le combat a été d’autant plus difficile que les populations ont été trahies par les figures d’autorité locales.
Le doyen a profité de la tribune pour lancer un appel pressant à la restauration écologique.

« Nous remercions Dieu, qui nous a sauvés dans cette lutte. […] Toutes les personnes que nous pensions pouvoir nous protéger dans cette lutte étaient complices dans cette affaire. Nous remercions le président de la République […] de nous avoir libérés. Nous lui demandons encore la réparation de notre environnement ; ces criminels voulaient détruire chez nous, comme ils ont détruit Bananikoro », a-t-il révélé.
Le triomphe d’une jeunesse incorruptible
Le succès de cette mobilisation doit beaucoup à la détermination infaillible des jeunes de Siguiri. Malamine Traoré, 3ème vice-maire de la commune urbaine, a tenu à rendre un vibrant hommage à ces activistes qui ont bravé d’énormes risques pour sauver le patrimoine naturel de leur localité.

« Nous saluons la bravoure de ces jeunes qui se sont sacrifiés dans cette lutte. Ils ont accepté la prison, les menaces, les insultes et même la mort pour l’intérêt général de Siguiri. On leur a tout proposé pour qu’ils abandonnent cette affaire, mais ils sont allés jusqu’au bout. […] Nous ne ferons que les remercier et les rassurer que la commune est derrière eux, nuit et jour, dans le bon sens », a-t-il affirmé.
Depuis Siguiri, Ibrahima Faraba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

