L’installation officielle de la nouvelle Assemblée nationale guinéenne continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. Si l’élection du bureau s’est déroulée sans grande surprise, la constitution des groupes parlementaires fait grincer des dents.
Par la voix de Hamidou Sow, Président de la Jeunesse de l’UDIR et tête de liste aux législatives de 2026, le parti a dressé un bilan mi-figue mi-raisin de cette rentrée parlementaire, dénonçant notamment une grave incohérence idéologique au sein de l’opposition.
Une présidence logique et une féminisation saluée
Dans sa déclaration, le candidat malheureux de l’’UDIR au dernier scrutin législatif, a tenu à valider le processus démocratique ayant conduit à l’élection de Dansa Kourouma au perchoir. Pour Hamidou Sow, cette élection reflète le « fonctionnement normal d’une majorité parlementaire », la formation GMD disposant de la majorité des sièges.
Ce responsable du parti s’est également réjoui de la composition du nouveau bureau de l’Assemblée nationale, marquant un point d’honneur sur la promotion des femmes aux postes de décision.
« Nous saluons aussi la composition du bureau […], notamment l’élection de plusieurs femmes à des postes de responsabilité, parmi lesquelles la Dre Makalé Traoré à la vice-présidence. Nous notons également avec satisfaction la présence de femmes parmi les secrétaires parlementaires. C’est une avancée qu’il convient de reconnaître », a salué le jeune politique.
La fronde contre le groupe parlementaire « Les Patriotes »
Cependant, la satisfaction laisse rapidement place à une « profonde déception » lorsqu’il s’agit d’analyser la structuration de l’opposition. L’UDIR pointe du doigt ce qu’elle qualifie d’« incohérence politique majeure ».
Au cœur des critiques se trouve la création du groupe parlementaire des Patriotes. Hamidou Sow s’étonne de la cohabitation entre le Bloc Libéral (d’obédience libérale) et la NGR (qui revendique un héritage socialiste et s’inscrit dans la lignée du président Ahmed Sékou Touré).
« Comment comprendre qu’un parti se réclamant d’une idéologie socialiste puisse former un groupe parlementaire avec un parti d’inspiration libérale ? […] Qu’ont-ils réellement en commun ? Quelles orientations politiques vont-ils défendre ensemble ? » s’interroge la tête de liste de l’UDIR.
Le risque d’une paralysie idéologique
Pour illustrer l’impasse politique que représente cette alliance, Hamidou Sow prend l’exemple d’un vote budgétaire impliquant une réduction des dépenses publiques. Selon lui, il est impossible de concilier la vision libérale (favorable à ces coupes) et la vocation socialiste (défenseure de la solidarité et des services publics) au sein d’un même bloc.
En conclusion de sa déclaration, le leader de la jeunesse de l’UDIR appelle à la transparence et invite les citoyens à la vigilance.
« Les alliances parlementaires devraient reposer sur des orientations politiques compatibles et non uniquement sur des considérations de circonstance », a-t-il estimé.
Alpha.
