La sous-préfecture de Dalein est plongée dans le deuil et l’incompréhension. Ce vendredi 26 juin 2026, le corps sans vie de Mamadou Diouldé Diallo, un père de famille d’une quarantaine d’années, a été retrouvé pendu à un arbre dans une forêt de la localité. Une tragédie d’autant plus bouleversante qu’elle survient à quelques jours seulement de la cérémonie de baptême de son septième enfant, prévue pour le lundi suivant.
Le poids d’une détresse silencieuse
Le drame s’est noué dans le secteur de Lingué, relevant du district de Dogui. Mamadou Diouldé Diallo, âgé de 42 ans, traversait, selon ses proches, un épisode de dépression sévère ces derniers jours. Malgré cet état psychologique fragile, la famille tentait de préparer l’arrivée de son nouveau-né.
Son frère aîné, Amadou Oury Diallo, a témoigné des dernières heures du défunt, marquées par les préparatifs de la cérémonie.

« La femme de notre frère a accouché d’une fille et le baptême est prévu lundi prochain. Nous nous sommes réunis avant sa mort pour calculer les frais de la cérémonie. Nous lui avons demandé ce qu’il avait déjà acheté. Il est allé chercher un cahier et a écrit tous les frais devant toute la famille », a-t-il témoigné.
Une disparition soudaine et une découverte macabre
Peu après cette réunion familiale, alors que son frère aîné s’était rendu au centre de Dalein pour des courses, Mamadou Diouldé a mystérieusement quitté le village. Alertés par cette disparition soudaine, les habitants se sont rapidement mobilisés pour ratisser la brousse environnante.
C’est finalement dans la forêt de Koumbia que les recherches ont abouti, guidées par un détail poignant.
« Tout le monde était sorti en brousse pour effectuer des recherches, mais il était déjà pendu. Il avait enlevé sa chemise avant de se suicider. C’est à travers la sonnerie de son téléphone qu’ils ont pu localiser le corps pendu à un arbre », a expliqué, dévasté, son frère aîné.
Intervention des autorités et transfert à la morgue
Face à ce choc, les autorités locales ont été immédiatement saisies. Thierno Ousmane Diallo, président du district de Dogui, a coordonné les premières interventions en lien avec la sous-préfecture.

« C’est aux environs de 12 heures qu’on m’a appelé pour m’informer de la situation. J’ai immédiatement alerté le sous-préfet, qui nous a instruit de ne pas toucher au corps en attendant l’arrivée des services compétents. Sur place, nous avons fait le constat : ses pieds étaient suspendus au-dessus du sol », a-t-il indiqué.
Une fois les constatations d’usage terminées par les services de sécurité, le sous-préfet a mis son véhicule à disposition pour transporter la dépouille à la morgue de l’hôpital régional de Labé, où une enquête formelle a été ouverte.
Mamadou Diouldé Diallo laisse derrière lui une veuve et sept enfants. Ce drame relance tragiquement la question de la prise en charge de la santé mentale et de la dépression dans les zones rurales, souvent démunies face à ces souffrances psychologiques.
Depuis Labé, Mamadou Aliou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.
