Le parquet du Tribunal de Première Instance de Kissidougou ne laisse aucun répit aux prédateurs de la nature. Depuis le mois de juin passé, une procédure judiciaire a été déclenchée contre trois (3) personnes accusées de coupe d’arbres non autorisée dans la forêt classée de Selly-koro, située à cheval entre les sous-préfectures de Yombirô et Fermissadou Pombô.

Dans cette affaire liée à l’agression de l’environnement, le verdict final est attendu le 1er juillet prochain. Pendant ce temps, les 3 accusés ont comparu à trois reprises devant le Tribunal Correctionnel de Kissidougou et le parquet a déjà fait ses réquisitions.
Moïse Bangoura, substitut du procureur près le Tribunal de Première Instance de Kissidougou, a mis ce procès à profit pour rappeler aux uns et aux autres l’engagement sans faille du parquet à appliquer le principe de « tolérance zéro » dans la protection de l’environnement.

‘’Le Tribunal a prorogé le délibéré pour décision être rendue le 1er juillet 2026. En attendant le vidé du délibéré du Tribunal, le Ministère public reste convaincu qu’il sera suivi dans ses réquisitions. Je voudrais profiter de cette situation pour rappeler à mes compatriotes que la forêt classée n’est pas un simple espace boisé livré à la merci des hommes. Il s’agit d’un patrimoine national, un sanctuaire de biodiversité. Nos forêts classées constituent un rempart contre la désertification, qui représente aujourd’hui une menace réelle pour l’humanité.
Alors, chacun doit comprendre que chaque arbre qui tombe dans cette forêt de façon illégale, contribuerait à mettre à rude épreuve l’avenir de toute une génération future, à la détérioration de la faune, à la disparition des ressources en eau et à l’aggravation du phénomène de réchauffement climatique. Donc, la protection de nos forêts classées n’est pas une option, mais plutôt c’est une obligation tant morale que juridique.
Le Ministère public que nous représentons à Kissidougou, toujours fidèle à sa mission régalienne de maintenir de l’ordre, va sévir contre les auteurs de ces infractions conformément à la loi 060 du 12 décembre 2017 portant code forestier en République de Guinée’’, a-t-il averti.
Poursuivant sa communication, le magistrat a fait étalage d’un arsenal d’instruments juridiques qui protègent une forêt classée.
‘’Juridiquement, la forêt classée est protégée par des instruments juridiques internationaux et régionaux ainsi que des lois nationales. Sur le plan international, il y a la déclaration de Stockholm de 1972 sur l’environnement qui a été reprise par la déclaration de Rio de 1992 sur l’environnement et le développement. Au niveau régional, nous avons la déclaration d’Alger révisée en 2003 à Mapouto. À l’échelle nationale, il faut rappeler que les pays ont légiféré des lois coercitive pour pouvoir sanctionner les auteurs de ces infractions’’, a-t-il enseigné.
Il faut rappeler que la préfecture Kissidougou, située à la rentrée de la Guinée forestière, représente une zone stratégique dans le combat pour la protection de l’environnement en Guinée.

Reste à savoir si ce présent dossier qui connaîtra son dénouement le 1er juillet prochain, pourrait faire reculer les bourreaux de l’environnement à Kissidougou.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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