Le torchon brûle entre le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) et certains internautes. Suite à une publication virulente sur les réseaux sociaux, le syndicat est monté au créneau pour défendre l’honneur de la corporation.
La mèche a été allumée par une militante nommée Kadii Tounkara. Dans un post publié sur sa page Facebook, cette dernière n’a pas mâché ses mots pour fustiger le corps enseignant. « Vous embauchez des moutons à la place des enseignants dans nos écoles, ils transforment une sanction disciplinaire en scène de karité, avec toute panophie de violences et de spectacle indigne d’un éducateur.» Une sortie qui passe mal chez les enseignants.
La réplique syndicale ne s’est pas fait attendre. C’est par le canal de la page Facebook de son responsable de communication, Mohamed Bangoura, alias « Roméo », que le SLECG a publié un communiqué officiel pour exprimer son indignation et recadrer le débat.
Une « atteinte grave » à la dignité de la profession
Pour le SLECG, les propos de Kadii Tounkara ont dépassé les bornes de la critique constructive. Dans son communiqué, le syndicat « condamne avec la plus grande fermeté les propos méprisants assimilant les enseignants à des « moutons ». De telles déclarations constituent une atteinte grave à la dignité de la profession enseignante et contribuent à dégrader davantage l’image de celles et ceux qui ont la noble mission d’éduquer et de former les futures générations », a-t-il écrit.

Tout en reconnaissant que les dérives comportementales n’ont pas leur place dans les salles de classe, le SLECG refuse catégoriquement que l’ensemble des éducateurs soit jeté en pâture.
»Le SLECG rappelle que tout acte de violence à l’école doit être dénoncé et sanctionné conformément aux textes en vigueur. Cependant, aucune situation ne saurait justifier les insultes, les généralisations abusives ou le discrédit jeté sur l’ensemble du corps enseignant », marquant ainsi une ligne rouge à ne pas franchir.
Le ministère interpellé pour laver l’affront
Face à ce qu’il qualifie de campagne de dénigrement, le syndicat refuse de rester les bras croisés. Il se tourne désormais vers les autorités de tutelle pour que des mesures concrètes soient prises afin de protéger les enseignants contre les insultes publiques.
A cet effet, le SLECG annonce avoir « interpellé le Ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation, de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle et de l’Emploi (MEPUA-ETFPE), afin qu’il prenne ses responsabilités pour préserver l’honneur des enseignants, renforcer l’éthique professionnelle et promouvoir un climat de respect mutuel au sein des établissements scolaires.»
Le respect, condition sine qua non du succès scolaire
En conclusion, le syndicat des enseignants rappelle les fondamentaux de ce que doit être le milieu scolaire guinéen. Loin des invectives des réseaux sociaux, le SLECG insiste sur le fait que l’école doit demeurer un espace d’éducation, de dialogue et de responsabilité. « Le respect des enseignants est une condition essentielle à la réussite de notre système éducatif », a-t-il martelé.
Reste à savoir comment le MEPUA-ETFPE réagira à cette interpellation, alors que le débat sur la discipline à l’école et le statut de l’enseignant continue d’enflammer la toile.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
(+224) 611 460 410
