Depuis plusieurs semaines, la région de Kankan fait face à une pénurie de carburant qui ne cesse de s’aggraver. Entre longues files d’attente, stations-service à sec et explosion du marché noir, la population dénonce l’inaction des autorités locales, ainsi que le silence persistant de la Société Nationale des Pétroles (SONAP).

Malgré les communiqués rassurants annonçant un approvisionnement “normal”, la réalité observée sur le terrain à travers la ville est tout autre. Sur la vingtaine de stations-service que compte la ville, seules quelques-unes continuent de fonctionner régulièrement, plongeant les habitants dans une véritable incertitude quotidienne.

Cette situation a favorisé l’essor du marché noir. Le litre d’essence, vendu officiellement à un tarif réglementé, se négocie désormais entre 20 000 et 25 000 GNF dans plusieurs quartiers de la commune urbaine au vu et au su de toutes les autorités concernées. Selon de nombreux citoyens, certains pompistes privilégieraient même le remplissage de bidons destinés à la revente clandestine, au détriment des conducteurs et usagers ordinaires.

Dans cette crise devenue chronique, quelques rares stations privées parviennent encore à maintenir un service continu, limitant ainsi une paralysie totale des activités économiques et du transport urbain.

Si certains accusent également des comportements spéculatifs et la panique d’une partie de la population d’aggraver les tensions, beaucoup estiment que la principale responsabilité revient aux autorités administratives et aux structures en charge de l’approvisionnement. Entre absence de communication claire, manque de régulation et incapacité à apporter des solutions durables, le mécontentement grandit de jour en jour.
Face à cette situation préoccupante, plusieurs citoyens appellent désormais les autorités à sortir du silence et à expliquer clairement les véritables causes de cette crise qui continue d’asphyxier Kankan.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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