Coup de théâtre sur l’échiquier politique guinéen. Alors qu’il avait annoncé son retrait du processus électoral il y a quelques jours, le Front Démocratique de Guinée (FRONDEG) a officiellement décidé, ce lundi 11 mai 2026, de revenir dans la compétition. Cette décision fait suite à une assemblée extraordinaire tenue au siège du parti à Lambanyi, sous la pression des candidats à la base qui disent avoir obtenu gain de cause sur plusieurs points de discorde.

Le siège du FRONDEG à Lambanyi a servi de cadre, ce lundi, à d’intenses discussions entre le bureau national et les représentants des candidats. Au cœur des débats : la participation ou non aux élections législatives et communales prévues pour le 31 mai prochain. Après avoir écouté les plaidoyers de ses membres, le bureau politique a finalement cédé et acté le retour du parti dans le processus électoral.
Un rétablissement des candidatures à « 100% »
Pour Samba Camara, membre du bureau politique en charge des questions électorales, ce retour n’est pas une capitulation, mais le résultat d’une bataille juridique et politique remportée. Selon lui, les griefs qui avaient motivé le retrait initial ont trouvé des solutions concrètes.

»On a écouté des gens qui nous suppliaient, on recevait des délégations qui venaient nous supplier à retourner à la course. Et vous savez, quand on annonçait notre retrait aussi, on n’avait pas fermé la porte. On a égrené des points auxquels on s’est senti victime. C’est notamment l’absence de la validation de toutes nos candidatures dans le Grand Conakry. On n’était présents dans aucune commune. […] Mais maintenant, que les choses avancent, si ces mêmes personnes-là à la base se retournent pour dire : ‘Attention, hier, on n’était pas candidat dans le Grand Conakry. Aujourd’hui, on nous a rétabli dans l’intégralité’. Ça, on peut noter un plus », a-t-il déclaré.
Poursuivant son argumentaire, M. Camara souligne que la vigilance du parti a payé, tant dans la capitale qu’à l’intérieur du pays.
»Point de vue invalidation de nos candidatures aux législatives par endroit à Conakry, on nous a rétabli encore à 100%. Par rapport à la candidature de certaines personnes qui ne devaient pas l’être, si Mme la DG a pris son courage à deux mains pour demander à ces personnes-là intimement d’abandonner la course, pour nous, c’est une avancée. […] Surtout à Kankan, à Siguiri, (Kintinia), je vous informe que nous avons été rétablis. Les deux communes au Fouta qu’ils avaient invalidées ont été rétablies », assure-t-il.
Pas de menaces, mais une stratégie de pression
Interrogé sur d’éventuelles pressions ou menaces qui auraient forcé le parti à revenir sur sa décision, le représentant des candidats, Souleymane Mara, a balayé ces rumeurs d’un revers de main, préférant parler d’une stratégie politique payante.

»Je crois qu’on n’a jamais été menacé, absolument. Au contraire, c’est nous qui avions eu politiquement à pousser. Et c’est le fait qu’on a poussé qui a donné ces résultats. Le FRONDEG, après avoir revendiqué quelques irrégularités, a été rétabli dans beaucoup de ses droits. Voilà pourquoi nous sommes dans la satisfaction de demander au bureau politique national de nous réintégrer dans la course. Notre objectif aujourd’hui, c’est de satisfaire la population. Cette population nous attendait sur le terrain », affirme-t-il.
La conquête du pouvoir comme horizon
Malgré ce retour aux urnes, le FRONDEG reste sur ses gardes. Si le parti se dit « légaliste » et prêt à respecter l’avis de la Cour suprême, il rappelle que sa finalité demeure l’exercice du pouvoir, ce qui impose une présence effective dans les bureaux de vote.Samba Camara conclut en martelant la ligne directrice du parti.
»Un parti est créé, c’est pour conquérir et exercer le pouvoir. Ce n’est pas autre chose. Tu ne peux pas coucher chez toi et gagner une élection. C’est ce qui nous a poussé à revenir. Mais ce n’est pas une condition suffisante pour dire que tout est OK. On reste vigilants. On a dit à nos représentants à la base : ‘ce n’est pas parce que vous êtes candidats que tout est fini’. Soyez vigilants », a-t-il martelé.
À quelques semaines du scrutin, le FRONDEG rejoint donc le peloton des formations politiques en lice, espérant transformer ce bras de fer avec les autorités électorales en succès dans les urnes.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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