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Le parjure comme méthode, ou la crédibilité comme destin? (Par Mamadou Barry)

2 mai 2026
Le parjure comme méthode, ou la crédibilité comme destin? (Par Mamadou Barry)

La transition guinéenne est à la croisée des chemins. Non plus dans le registre technique des chronogrammes ou des séquences électorales, mais dans un moment de vérité politique où se joue la nature même de l’État à reconstruire. Car au fond, une transition n’est pas un simple intervalle institutionnel, c’est une épreuve de vérité. Et toute épreuve de vérité produit une ligne de fracture — entre ceux qui tiennent la parole et ceux qui l’ajustent.

Depuis l’installation du Comité National du Rassemblement pour le Développement, la refondation a été érigée en doctrine. Elle promettait une rupture nette avec l’arbitraire, une restauration des normes et une reconquête de la souveraineté populaire. Mais aujourd’hui, cette promesse se heurte à une tentation classique dans les moments de transition : celle de substituer à l’exigence de cohérence une rationalité de circonstance. Autrement dit, faire du parjure une méthode de gouvernement.

Car il faut appeler les choses par leur nom. Le parjure politique n’est pas seulement un acte moralement discutable ; c’est un instrument de gestion du pouvoir lorsqu’il devient systémique. Il se manifeste lorsque l’opacité devient une technique, lorsque l’ambiguïté est entretenue comme ressource stratégique, lorsque les engagements publics sont requalifiés au gré des rapports de force. À ce stade, on ne parle plus de dérapages, mais d’un modèle de gouvernance fondé sur la plasticité de la parole.

Or, une transition qui gouverne par le flou organise sa propre fragilité. Elle produit une instabilité différée, plus insidieuse, mais plus profonde. Car ce qui est en jeu ici dépasse la seule question des élections, c’est la crédibilité de la norme politique elle-même. Et une norme discréditée ouvre mécaniquement la voie à la contestation permanente.

Les Forces Sociales de Guinée et d’autres segments de la société engagée ont, à juste titre, posé un principe non négociable : le retour à l’ordre constitutionnel ne peut être crédible que s’il repose sur des règles claires, opposables et partagées. Ce principe est aujourd’hui mis à l’épreuve. Non pas frontalement, mais par une érosion progressive, une dilution dans les compromis, une banalisation du provisoire qui finit par devenir structurel.

Soyons clairs, il n’existe pas de stabilité durable fondée sur l’ambiguïté. Toute stabilité construite sur des arrangements opaques est, par définition, précaire. Elle repose sur des équilibres instables, dépendants de la conjoncture et vulnérables au moindre choc politique ou social. L’histoire politique guinéenne est jalonnée de ces séquences où des compromis mal assumés ont produit des crises prolongées, parfois violentes, toujours coûteuses.

La question centrale devient alors stratégique, que vaut une participation politique qui exige le renoncement aux principes ? Car c’est bien là que se situe le dilemme actuel. Rester dans le jeu au prix du silence ? Ou assumer une ligne de cohérence au risque de l’isolement ? Cette tension traverse aujourd’hui l’ensemble des acteurs politiques, sociaux, institutionnels.

Mais il faut le dire sans détour, une participation sans exigence n’est pas une stratégie, c’est une caution. Elle légitime, par sa seule présence, des processus dont elle prétend pourtant contester les fondements. À l’inverse, une position exigeante, même minoritaire, structure le débat public, impose des lignes rouges et prépare les conditions d’une légitimité future.
La Guinée ne souffre pas d’un déficit d’élections ; elle souffre d’un déficit de confiance dans l’élection. Et ce déficit ne se corrige ni par des annonces, ni par des ajustements cosmétiques, mais par une cohérence rigoureuse entre les engagements proclamés et les actes posés.

Dans ce contexte, la responsabilité des acteurs est d’une rare intensité,
refuser la facilité du compromis sans principe, résister à la banalisation du reniement, et assumer une posture politique fondée sur la constance.
Ce choix est exigeant. Il peut marginaliser à court terme, exposer, coûter. Mais il est le seul qui permette de reconstruire une légitimité qui ne soit ni contestée, ni fragile, ni dépendante des rapports de force du moment.

Car en définitive, toute transition pose une question simple, mais décisive, veut-on gouverner durablement ou simplement durer au pouvoir ?
Dans le premier cas, la crédibilité est une nécessité stratégique.
Dans le second, le parjure devient une ressource. L’histoire, elle, tranche toujours en faveur de la première option.

Et en Guinée, plus qu’ailleurs, elle a montré une constante implacable, ce que le parjure permet de gagner à court terme, il le fait toujours payer au prix fort à long terme.

 

Mamadou Barry

Coordinateur Adjoint du FFSG.

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