À la barre de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) ce mercredi 29 avril 2026, Badra Koné est longuement revenu sur les circonstances de son arrivée à la tête de la commune de Matam ainsi que sur sa gestion, dans le cadre du procès en cours.
Selon ses déclarations, tout remonte au 15 avril 2024, date à laquelle le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) lui notifie sa nomination en tant que membre de la délégation spéciale de Matam.
Durant les 23 mois passés à la tête de la commune, Badra Koné indique avoir perçu un revenu mensuel de 11 millions de francs guinéens. Il précise être issu d’une famille nombreuse de 22 enfants et explique avoir évolué dans le monde des affaires, notamment dans l’achat et la revente de véhicules.
S’agissant de la gestion financière de la commune, l’ancien responsable affirme que la mairie n’a bénéficié d’aucune subvention directe de l’État, en dehors du financement de quatre micro-projets. Il cite notamment la construction d’une école primaire et d’une maison des jeunes à Hèrèmakono, l’édification de toilettes publiques à Bonfi ainsi que la rénovation du marché de Madina.
Concernant les recettes communales, Badra Koné évoque des revenus issus essentiellement des taxes de marchés et du cadastre. Des projections initiales estimaient ces recettes à environ 2 milliards de francs guinéens par an, mais selon lui, les montants réellement mobilisés tournaient plutôt autour de 800 millions.
Sur le volet des investissements, il a révélé que la délégation spéciale avait décidé d’acquérir un véhicule à crédit pour un montant de 70 000 euros. Une dette toujours en cours de remboursement, précise-t-il, ajoutant avoir signé, avant son départ, un paiement partiel de 150 millions de francs guinéens pour ce camion.
Interrogé sur les marchés publics liés à la réalisation d’infrastructures, Badra Koné a fermement nié toute implication dans le processus de sélection des entreprises. Il affirme n’avoir siégé dans aucune commission d’attribution.
‘’Au moment de la signature, j’étais à Paris. Vous pouvez vérifier la concordance des dates entre mon départ, inscrit sur mon passeport, et la signature des contrats », a-t-il déclaré devant la Cour, mettant en avant son absence du territoire au moment des faits.
Des déclarations qui interviennent alors que les débats se poursuivent dans un dossier portant sur de lourdes accusations de détournement de deniers publics et autres infractions économiques.
A l’issue de ces déclarations, le président du tribunal, après avoir suspendu l’audience pour quelques minutes, a renvoyé le dossier au procureur pour saisir la chambre d’instruction.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
