L’atmosphère s’est brusquement tendue à la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), où l’audience dans le dossier impliquant Badra Koné et ses co-prévenus a été momentanément suspendue ce mercredi 29 avril 2026, à la suite d’échanges particulièrement vifs entre avocats.
Un peu plus tôt, la chambre de jugement présidée par Alpha Camara, avait décidé de mettre en délibéré la deuxième exception soulevée par la défense. Celle-ci demandait le renvoi du dossier devant le procureur spécial pour une orientation en instruction, invoquant la complexité de l’affaire.
La Cour a ensuite entamé la phase d’identification des co-prévenus de l’ancien président de la délégation spéciale de Matam.
Plusieurs accusés ont ainsi été appelés à la barre, notamment Abass Keïta, sociologue né en 1980 à Faranah, ainsi que Moustapha Diarra Sanoh, juriste né en 1990 à Conakry. Said Elmi Kelhiye, entrepreneur d’origine somalienne, s’est également identifié.
Des personnes morales sont aussi poursuivies dans ce dossier, à l’image de la société SOCOBA. Sa représentante, Zahara, architecte née en 1979 à Bagdad, s’est présentée devant la Cour. Son avocat, Me Rafi Raza, a soulevé des exceptions, demandant des enquêtes complémentaires et contestant l’application de la procédure de flagrant délit. Il a par ailleurs sollicité l’annulation des poursuites visant sa cliente à titre personnel, estimant qu’elle n’est pas concernée par les faits reprochés.
Au total, les prévenus sont poursuivis pour des faits présumés portant sur un montant de 240 milliards de francs guinéens, couvrant la période de février 2021 à avril 2026.
Les charges incluent notamment le détournement de deniers publics, la corruption, le faux et usage de faux, l’escroquerie, la prise illégale d’intérêt, le conflit d’intérêts, l’enrichissement illicite, le blanchiment de capitaux et la complicité. À ce stade, aucun des accusés n’a reconnu les faits.
Alors que l’identification des autres co-prévenus se poursuivait, l’audience a été interrompue après une altercation entre Me Rafi Raza et Biwon Millimouno, substitut du procureur.
L’avocat a accusé certains membres du parquet spécial de vouloir « marquer leur territoire », en raison de leur arrivée récente à la CRIEF. Des propos qui ont suscité une vive réaction de la partie adverse, entraînant la suspension des débats.
La reprise de l’audience est attendue dans un climat toujours aussi tendu.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
