L’attaque djihadiste coordonnée survenue ce 25 avril dans plusieurs villes du Mali, notamment à Kati, ayant coûté la vie selon plusieurs sources médiatiques au ministre malien de la Défense, Sadio Camara ainsi qu’à sa seconde épouse, est un drame qui bouleverse bien au-delà des frontières maliennes. C’est une tragédie nationale pour le Mali, mais aussi un signal d’alarme pour l’ensemble de nos États africains confrontés à la montée du terrorisme et de l’insécurité.
Lorsque des hommes lourdement armés parviennent à frapper jusqu’au cœur des institutions d’un pays, cela démontre avec une brutalité inquiétante que la menace terroriste ne connaît ni limite géographique, ni barrière institutionnelle. Aucun responsable, aucune ville, aucun symbole de l’État n’est désormais totalement à l’abri.
Le décès du ministre malien de la Défense dans de telles circonstances dépasse le simple cadre d’un fait sécuritaire. Il révèle la profondeur du défi auquel nos nations font face notamment l’affaiblissement progressif de l’autorité de l’État face à des groupes extrémistes de plus en plus organisés, mobiles et déterminés.
Cette situation interpelle tous les gouvernements africains. Le terrorisme ne doit plus être considéré comme le problème isolé d’un seul pays. Ce qui frappe Bamako aujourd’hui peut atteindre Conakry demain, Ouagadoug après-demain, ou Niamey la semaine prochaine. Notre sécurité est désormais collective, et notre réponse doit l’être également.
Il devient urgent de renforcer la coopération sous-régionale en matière de renseignement, de défense, de contrôle des frontières et de lutte contre le financement des groupes armés. Mais au-delà de l’approche militaire, il faut aussi s’attaquer aux racines profondes du mal qui sont entre autres la pauvreté, l’exclusion sociale, l’absence d’opportunités pour la jeunesse, et parfois même la rupture de confiance entre les populations et leurs dirigeants.
Le Mali pleure aujourd’hui, mais c’est toute l’Afrique qui doit réfléchir. Chaque attaque terroriste qui emporte des vies humaines et fragilise nos institutions doit nous pousser à revoir nos stratégies, à renforcer notre solidarité et à défendre ensemble l’avenir de notre continent.
En ces moments particulièrement douloureux, j’adresse mes condoléances les plus sincères au peuple frère du Mali, à la famille du ministre disparu, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble des Forces armées maliennes. Je m’incline également devant la mémoire de son épouse, victime collatérale de cette barbarie aveugle.
Tomou Traoré
