De nos jours, plusieurs localités sont confrontées à d’énormes difficultés, tant sur le plan infrastructurel que sur celui des besoins vitaux. C’est le cas du secteur Kiria, situé sur les hauteurs du mont Gangan, à 117 mètres d’altitude.

Cette localité, relevant du quartier Tafory Gangan, se trouve à 15 kilomètres de la commune urbaine. Ses habitants vivent dans des conditions particulièrement précaires : absence de route praticable, manque d’eau potable, inexistence de poste de santé, d’école et même d’espaces de loisirs pour les jeunes. Parmi les nombreuses préoccupations des citoyens, l’accès à cette localité constitue l’un des plus grands défis. Pour y parvenir, il faut plusieurs heures de marche, au prix d’efforts comparables à un véritable parcours du combattant.

Autrefois connu pour ses vastes plantations de bananiers, le village attirait des commerçantes venues du centre-ville pour s’approvisionner, malgré l’état dégradé de la route. Aujourd’hui, cette activité a fortement diminué, les plantations étant menacées et détruites par diverses maladies. Interrogé Naby Moussa Soumah, revient sur les calvaires dont ils font face.

‘’Nous, habitants de Kiria, avons pour principale activité, l’agriculture, notamment la culture du riz et la plantation de bananes, héritée de nos ancêtres. Mais aujourd’hui, ces plantations sont détruites par des maladies. À cela s’ajoute le problème de la route, qui est impraticable. Rejoindre la ville est très difficile. Le village ne dispose ni d’école ni de mosquée. Nos enfants étudient en ville, et avec cette montagne, c’est extrêmement pénible. Certains, surtout les plus petits, ne peuvent même pas faire le trajet jusqu’à Tafory ou Bibane. Nous sommes obligés d’attendre qu’ils grandissent. Si ce n’était pas notre village natal, nous serions déjà partis, mais nous ne pouvons pas abandonner la terre de nos ancêtres’’, a-t-il expliqué sollicitant de l’aide.
‘’Nous demandons aux autorités et aux personnes de bonne volonté de nous aider à résoudre les problèmes de notre village’’, a-t-il lancé.

Selon Fatou Camara, citoyenne, vit dans cette localité depuis son enfance. Selon elle, les problèmes de poste de santé et d’eau potable constituent aujourd’hui une problématique majeure pour les habitants.

‘’Nous, les femmes de ce village, souffrons énormément. Avant, nous faisions le commerce de bananes. Mais depuis la destruction des plantations, nous sommes obligées de ramasser des fagots de bois pour les revendre en ville afin de soutenir nos familles. Lorsqu’une femme est enceinte et arrive à terme, nous devons la transporter sur des moyens rudimentaires (sous un filet) jusqu’à un centre de santé en ville. Après l’accouchement, elle y reste parfois une semaine avant de revenir. Nous faisons également face à un grave problème d’eau potable’’, dépeint-elle.

Pendant la saison sèche, poursuit-elle, la situation devient critique. ‘’Une tentative d’aménagement d’une source ́ a été faite, mais l’eau reste souvent inutilisable, même pour laver les habits. Pour obtenir de l’eau potable, nous partons dès 5 heures du matin et attendons parfois deux à trois heures avant de pouvoir puiser. Nous lançons un appel aux autorités et aux personnes de bonne volonté pour nous aider à avoir de l’eau potable et un centre de santé dans notre localité’’, a-t-elle sollicité.

Malgré les efforts consentis pour le développement de leur localité, le manque de moyens reste un frein pour atteindre leur objectif. C’est pourquoi, Saliou Sylla, président des jeunes lance une invite aux autorités de leur venir en aide.

‘’Nous sommes unis pour faire face aux problèmes de notre localité, mais nous manquons de moyens. Nous avons essayé de travailler pour trouver la route, mais ce n’est pas facile. Nous n’avons pas de lieu de rencontre pour échanger sur les difficultés du village, ni terrain de football, ni maison des jeunes. Nous avons besoin de ces infrastructures, mais surtout d’une route praticable’’, a souligné le président de la Jeunesse de kiria.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
