Face au « mépris » et à la « condescendance » qu’elle impute au gouvernement, l’intersyndicale de l’éducation rompt le silence. Invité chez nos confères de Cavi médias dans l’émission «le Scanner» de ce mardi, 7 avril 2026, Michel Pépé Balamou, Secrétaire général du Syndicat National de l’Éducation (SNE) et porte-parole du mouvement, annonce une Assemblée Générale décisive ce samedi 11 avril à la Bourse du Travail. À la clé : le déclenchement immédiat d’une grève générale sur toute l’étendue du territoire.
Le climat social dans le secteur de l’éducation nationale s’assombrit dangereusement. Alors que le pays s’apprête à aborder un tournant majeur avec les examens nationaux et les prochaines échéances électorales (communales, législatives et sénatoriales), le front syndical menace de réactiver un conflit qu’il dit avoir tenté d’éviter par la patience.
Un protocole d’accord « roulé dans la farine »
Au cœur de la discorde : le non-respect du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026. Selon Michel Pépé Balamou, les trois mois de grâce accordés au gouvernement n’ont accouché d’aucune avancée concrète.

« Nous avons privilégié le dialogue et la compromission, mais le gouvernement joue à l’usure « , déplore-t-il, pointant du doigt l’inertie des commissions techniques censées traiter des points cruciaux comme le statut particulier, l’engagement des contractuels, le reclassement ou encore le paiement des arriérés de salaires.
La « condescendance » des ministres visée
L’intersyndicale dénonce un manque criant de coordination au sein de l’exécutif. Le porte-parole fustige particulièrement l’attitude des ministres de la Fonction publique et du Travail, qu’il accuse de fuir leurs responsabilités.
« Le ministre du Travail, M. Mory Condé, n’a pas daigné nous recevoir. Il reçoit les centrales syndicales, mais ignore les acteurs principaux de la crise. C’est une posture de condescendance « , s’indigne Michel Pépé Balamou.
Face à ce blocage, les syndicalistes exigent désormais l’arbitrage direct du Président de la République et du Premier ministre, affirmant que les ministres de tutelle « ne sont plus à la mesure » de la crise.
Le spectre d’une grève « Ipso Facto »
Contrairement aux procédures habituelles, l’intersyndicale prévient qu’il n’y aura pas de nouveau préavis de grève. Celle-ci n’étant que « suspendue », sa reprise pourrait être effective dès le lundi 13 avril, au lendemain de l’Assemblée Générale.
»Si le samedi, l’Assemblée décide d’aller en grève, je vous jure que le lundi, la grève sera déclenchée de Kassa jusqu’à Yomou », a martelé le leader syndical.
Un appel à la médiation nationale
Conscient de l’impact dévastateur qu’un tel mouvement pourrait avoir sur les examens de fin d’année, Michel Pépé Balamou interpelle la « conscience nationale ». Il appelle les leaders religieux, notamment le Premier Imam et l’Archevêque de Conakry, ainsi que les organisations de la société civile et les associations de parents d’élèves, à peser de tout leur poids pour ramener le gouvernement à la table des négociations.
Pour l’intersyndicale, la balle est désormais dans le camp de l’État. La survie de « l’école guinéenne », selon les mots de Balamou, passe par une revalorisation immédiate du capital humain. Samedi prochain, la Bourse du Travail sera le théâtre d’une décision qui pourrait faire basculer l’année scolaire dans l’incertitude.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.

