La crise de liquidités qui secoue actuellement le système bancaire guinéen, continue d’impacter plusieurs secteurs socio-professionnels. Parmi les plus touchés, figurent les enseignants, dont les conditions de vie deviennent de plus en plus précaires, selon le Syndicat National de l’Éducation (SNE).
Au micro d’un reporter du site lerevelateur224.com ce mardi 7 avril 2026, le secrétaire général du SNE, Michel Pépé Balamou, a exprimé sa vive préoccupation face aux conséquences de cette situation sur les travailleurs du secteur éducatif.
Selon lui, de nombreux enseignants sont contraints de quitter leurs domiciles dès les premières heures de la matinée, pour se rendre dans les banques, dans l’espoir de pouvoir retirer une partie de leur salaire.
‘’La crise de liquidités est un bâton qui frappe de plein fouet les enseignants de Guinée. Ils abandonnent parfois les cours dès 3 heures du matin, pour se retrouver à la banque, afin de s’inscrire sur des listes pour accéder à leur salaire’’, a-t-il expliqué.
Le responsable syndical déplore également les restrictions imposées sur les retraits bancaires. D’après lui, les plafonds de retrait, qui varient entre 500 000 et 2 millions de francs guinéens, selon les établissements bancaires, empêchent les enseignants de disposer librement de l’intégralité de leurs revenus.
Pour Michel Pépé Balamou, cette situation porte atteinte à la dignité des enseignants et affecte leur mission éducative.
‘’Cela crée une véritable indignité salariale. Au lieu d’être dans les salles de classe, les enseignants se retrouvent en file indienne devant les banques comme des réfugiés en quête de moyens de subsistance. C’est une humiliation pour ces bâtisseurs de la nation’’, a-t-il regretté.
Le secrétaire général du SNE souligne par ailleurs que cette crise a des répercussions directes sur la vie quotidienne des enseignants. Il affirme que certains d’entre eux ne parviennent plus à faire face à leurs obligations essentielles, notamment le paiement des loyers, les frais de scolarité de leurs enfants, les dépenses de santé ou encore les besoins alimentaires de leurs familles.
‘’Ils traversent cette situation comme un enfer. C’est un véritable chemin de croix. Beaucoup n’ont toujours pas perçu la totalité de leur salaire du mois de février, ce qui les empêche d’honorer leurs engagements sociaux. C’est frustrant et aberrant ‘’ a-t-il insisté.
Face à cette situation, le syndicaliste appelle les autorités compétentes et les acteurs du système financier à prendre des mesures urgentes, afin de rétablir la normalité et préserver la dignité des enseignants.
Il estime qu’une solution rapide est indispensable pour éviter que cette crise n’affecte davantage le fonctionnement normal du système éducatif guinéen.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
