Le tribunal correctionnel de Kankan s’est penché sur une affaire de vol impliquant le caporal Sanoussy Fofana, accusé d’avoir soustrait la somme de 195.000.000 GNF à l’un de ses amis, lui aussi militaire et en service au Groupement des Forces d’Intervention Rapide (GFIR), basé à Soronkoni.
À la barre, le prévenu n’a pas nié les faits. Il a reconnu avoir pris l’argent dans la chambre qu’il partageait avec la victime, tout en affirmant avoir ensuite perdu la sacoche contenant les devises.
‘’J’ai pris l’argent de mon ami, qu’il avait gagné dans une loterie, dans la chambre que nous partageons. Il travaille au GFIR. C’étaient des billets en dollars et en euros. Ce jour-là, je suis allé boire de l’alcool avec des amis et j’ai fini par perdre connaissance. Quelqu’un a ensuite pris l’argent qui se trouvait dans la sacoche. Quand je me suis réveillé, je n’ai plus vu le sac’’, a-t-il déclaré devant le tribunal.

Le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan, Fodé Bintou Keita, a rappelé que l’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par un militaire accusant le caporal Sanoussy Fofana de lui avoir dérobé la somme de 195.000.000 GNF. Selon le magistrat, lors de son interpellation par la brigade de recherches dans le cadre de l’enquête préliminaire, le caporal a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Ces aveux ont également été confirmés devant le parquet dans un procès-verbal d’interrogatoire en cas de flagrant délit.
Face à ces éléments, le parquet a décidé de placer le prévenu sous mandat de dépôt.

Dans cette affaire, quatre personnes avaient été initialement citées. Deux d’entre elles, Sanoussy Fofana et Aboubacar Camara, étaient poursuivies pour vol et recel, tandis que les deux autres avaient simplement été conviées dans un maquis où de l’alcool avait été consommé.
Après analyse du dossier, le parquet a estimé que les soupçons se concentraient principalement sur deux individus : le caporal, qui a reconnu les faits, et un conducteur de moto-taxi qui aurait reçu 50 euros pour réparer sa moto. D’après les témoignages recueillis, le caporal lui aurait également demandé de l’accompagner à Kissidougou pour effectuer certaines courses. Les deux principaux suspects ont ainsi été placés en détention.
En revanche, les deux autres personnes, qui n’étaient pas impliquées dans l’origine de l’argent, ont été entendues puis remises à leurs familles.
‘’Notre principe est de ne pas envoyer quelqu’un en détention sans éléments sérieux à sa charge’’, a précisé le procureur.
Quant à Aboubacar Camara, il a été placé sous contrôle judiciaire conformément à l’article 44 du Code de procédure pénale, en attendant l’issue de la procédure.
L’affaire a été renvoyée au 10 avril 2026 pour la comparution de la partie civile. Celle-ci a toutefois déjà adressé une lettre de désistement, indiquant qu’elle renonce à ses intérêts civils dans cette affaire. La décision du tribunal est attendue à la prochaine audience.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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