La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ordonné la remise en liberté de l’ancien Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana ce jeudi 6 mars 2026. Poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite, l’ancien chef de Gouvernement va regagner son domicile.
Lors de l’audience, la cour a d’abord constaté l’absence du prévenu dans la salle. Le procureur spécial près la CRIEF, Aly Touré, a indiqué ne pas être surpris de cette absence, expliquant qu’elle serait liée à l’état de santé préoccupant de l’ancien chef du gouvernement.
La cour a par ailleurs annoncé avoir reçu un courrier détaillant la situation sanitaire de l’ancien Premier ministre. Selon ce document, l’état de santé de Dr Kassory Fofana serait jugé « très grave », nécessitant des soins appropriés.
Face à cette situation, le ministère public a demandé la remise en liberté provisoire du prévenu afin de lui permettre de se faire soigner depuis son domicile.
De son côté, la partie civile, représentée par l’État guinéen, a affirmé ne pas s’opposer à cette mesure humanitaire.
« Nous n’avons pas la pierre à la place du cœur. Nous ne voulons pas juger un cadavre ici », ont déclaré les représentants de l’État devant la cour.
Après avoir délibéré sur siège, la juridiction a finalement ordonné la remise en liberté du Dr Kassory Fofana pour raisons de santé.
Un dossier emblématique de la lutte contre la corruption
Ancien Premier ministre sous la présidence de Alpha Condé, Kassory Fofana est poursuivi devant la CRIEF pour des faits présumés de détournement de fonds publics, de blanchiment de capitaux et d’enrichissement illicite.
Arrêté en avril 2022 dans le cadre des enquêtes ouvertes par les autorités de la transition après le renversement du régime d’Alpha Condé lors du 2021 Guinean coup d’état, il avait été placé sous mandat de dépôt à la Maison centrale de Conakry.
Son procès s’inscrit dans la vaste campagne judiciaire engagée par les autorités de la transition pour traquer les malversations présumées au sein de l’ancienne administration.
La décision de la cour de lui accorder une liberté provisoire pour raisons de santé intervient alors que plusieurs audiences ont déjà été marquées par son absence, ses avocats évoquant régulièrement la dégradation de son état de santé.
Pour l’heure, la suite de la procédure judiciaire n’a pas encore été précisée.
L’affaire est en suite renvoyée au 26 mars, pour la suite des débats.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
