Le Premier ministre a réuni, ce mercredi 25 février 2026, au Palais de la Colombe, les acteurs clés de la gestion urbaine. Au cœur des échanges : la relocalisation des commerçants déguerpis et la fin d’un cycle de gestion foncière jugée défaillante.
Le ton est à la fois ferme et pragmatique
Suite aux récentes opérations de déguerpissement qui ont transformé le visage du Grand Conakry, le Chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah, a entamé une concertation élargie. Autour de la table, la Gouverneure de la ville, le Secrétaire général du ministère de l’Urbanisme et les treize présidents des Délégations spéciales ont planché sur un défi de taille : comment concilier ordre public et survie économique des commerçants ?
Le constat d’un héritage « spolié »
Pour le Premier ministre, la situation actuelle n’est pas un accident, mais le résultat de décennies de gestion opaque du territoire. Sans détour, il a dénoncé une « longue pratique de mauvaise gouvernance » ayant conduit à la vente illégale d’espaces pourtant vitaux pour la communauté.
‘’Les marchés qui devraient être installés ont été spoliés et vendus. Les cimetières ont été spoliés et vendus. Là où on devrait construire des écoles, tout cela a disparu’’, a-t-il déploré, rappelant que la croissance démographique rend aujourd’hui ces besoins « indispensables.»
Sortir de la logique du « pompier »
L’enjeu immédiat reste la gestion des personnes impactées par les démolitions. Amadou Oury Bah refuse de voir les commerçants livrés à eux-mêmes, au risque de voir l’anarchie s’installer à nouveau. Pour lui, la lutte ne doit pas être une « confrontation sans fin », mais une transition vers la modernité.
L’objectif est clair : identifier des sites alternatifs en urgence. Le Premier ministre a ainsi instruit la Gouverneure et les treize collectivités de recenser les espaces disponibles susceptibles d’accueillir des infrastructures pérennes.
Vers des marchés « dignes de ce nom »
La vision du gouvernement dépasse le simple recasement temporaire. Il s’agit de bâtir des structures modernes. Une fois les espaces identifiés, l’État s’engage à :
Rechercher des financements auprès de divers bailleurs.
Mettre en place des modalités
d’accompagnement technique.
Assurer une construction aux normes pour mettre fin définitivement à l’occupation anarchique des voies publiques.
‘’Ça ne sert à rien de régler les questions comme d’être pompier et de ne pas éteindre définitivement le feu’’, a conclu le Premier ministre, marquant ainsi sa volonté de rompre avec l’amateurisme urbain.
Mamadouba CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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