Le 20 février, le président du Bloc Libéral, Oumar Sanoh, nous a accordé une interview, dans laquelle, il a exposé sa vision des prochaines échéances électorales en Guinée, notamment les communales, les législatives et les sénatoriales.
Dans cet entretien exclusif, le président du Bloc Libéral, Oumar Sanoh, a présenté une proposition radicale : la suppression des postes de préfets et de sous-préfets en Guinée. Une réforme qu’il considère comme un préalable indispensable à une véritable décentralisation du pays.
« Supprimer les préfets »
‘’Moi, aujourd’hui, en tant qu’élu, la première décision que je vais prendre, c’est de supprimer cette administration coloniale’’, a-t-il déclaré sans détour.
Selon lui, le système administratif hérité de la période postcoloniale constitue un frein au développement local.
‘’Je vais supprimer les préfets, parce qu’ils n’ont jamais été acteurs de développement d’une qualité dans notre pays. Mais plutôt, ils sont à la base des problèmes’’, a-t-il affirmé.
Pour le leader du Bloc Libéral, l’organisation actuelle de l’administration territoriale doit être profondément revue afin de donner plus de pouvoir aux collectivités locales élues.
Dans son argumentaire, Oumar Sanoh cite en exemple les États-Unis, qu’il présente comme « le pays le plus décentralisé au monde ». Selon lui, l’absence de préfets dans ce système démontre qu’un État peut fonctionner efficacement avec des collectivités locales autonomes et responsables.
Il souligne également qu’à Conakry, qui compte aujourd’hui treize communes, il n’existe pas de préfet. « Les Guinéens vivent mieux et circulent mieux », estime-t-il, posant la question : « Pourquoi les préfets à l’intérieur du pays ? Pourquoi les sous-préfets ? »
À l’approche des élections communales, législatives et sénatoriales annoncées, le président du Bloc Libéral inscrit cette proposition dans un projet politique plus large axé sur la refondation de l’État.
Il défend une gouvernance locale fondée sur la responsabilité des élus et la fin d’une administration qu’il juge budgétivore et inefficace. « L’homme public ne produit pas. Il consomme les ressources du peuple », a-t-il martelé, appelant à un changement de paradigme.
De l’avis d’Oumar Sanoh, les prochaines échéances électorales devront être l’occasion d’un débat national sur la décentralisation, la réforme institutionnelle et la place des collectivités dans le développement socio-économique du pays.
La proposition de supprimer les préfets, figures centrales de l’administration territoriale guinéenne, ne manquera pas de susciter des réactions au sein de la classe politique et de l’opinion publique.
Alors que la Guinée se prépare à d’importantes échéances électorales, les positions tranchées du président du Bloc Libéral pourraient contribuer à structurer le débat autour des réformes institutionnelles et du modèle de gouvernance à adopter pour les années à venir.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
