Les procédures visant les anciens dignitaires guinéens, notamment Dr Ibrahima Kassory Fofana, ont été une nouvelle fois renvoyées devant la chambre d’appel de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Initialement inscrites au rôle ce jeudi 19 février 2026, les audiences n’ont pas pu se tenir.
Selon les informations recueillies sur place, l’ensemble des affaires programmées ont été reportées au 5 mars 2026 en raison de l’absence du parquet spécial. Un nouveau renvoi qui suscite l’indignation du collectif des avocats de la défense, particulièrement dans le dossier de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana.
‘’La CRIEF doit disparaître’’, estime Me Dina Sampil.
À la sortie de l’audience, Me Dina Sampil, l’un des avocats de la défense de Kassory, a vivement critiqué le fonctionnement de la juridiction spéciale.
‘’Si mon avis était demandé, j’avoue que j’aurais fait en sorte que cette juridiction qui est la CRIEF disparaisse. Parce qu’elle doit disparaître. Elle n’a rien apporté à la Guinée’’, a-t-il déclaré.
L’avocat soutient que les infractions poursuivies, notamment les faits présumés de détournement et de blanchiment, pouvaient être jugées par les juridictions ordinaires. Selon lui, le recours à une cour spéciale n’a pas permis d’accélérer les procédures, bien au contraire.
Revenant sur le fond du dossier, Me Sampil a dénoncé ce qu’il qualifie de détention injustifiée de son client. Au centre des poursuites : une somme de 15 milliards de francs guinéens que l’accusation impute à l’ancien chef du gouvernement.
La défense affirme que ces fonds se trouvent dans les caisses du Trésor public guinéen et que des preuves ont été versées au dossier.
‘’Pourquoi est-il en prison ? Parce que la somme de 15 milliards qu’on a imaginée et mise à sa charge se trouve dans les caisses du Trésor public guinéen’’, a soutenu l’avocat.
Me Sampil a également évoqué les fonds de souveraineté alloués à la Primature, estimés à 30 milliards de francs guinéens, pour souligner ce qu’il considère comme une incohérence dans les accusations.
‘’Comment quelqu’un de son rang peut laisser 30 milliards à disposition et aller se salir les mains en prenant 15 milliards ? Ça ne s’explique pas’’, a-t-il plaidé.
Au-delà des arguments de fond, la défense s’est montrée particulièrement critique quant à l’absence du parquet spécial à l’audience.
‘’Il est inadmissible, impardonnable, inacceptable que la personne chargée de poursuivre brille par son absence à l’audience qu’elle a elle-même programmée’ , a fustigé Me Sampil.
Pour l’avocat, ces renvois répétés traduisent un manque de considération à l’égard des droits des prévenus. Il s’est également inquiété de l’état de santé de son client, qu’il qualifie d’« alarmant », estimant que la situation ne saurait perdurer.
Sauf nouveau report, la chambre d’appel de la CRIEF devrait examiner le dossier Kassory le 5 mars 2026. En attendant, la défense maintient la pression et continue de réclamer la fin de ce qu’elle considère comme une détention injustifiée.
Mohamed FOFANA, pour Lerevelateur224.com.
