Nous sommes au cœur du secteur de Dembaya, dans le district de Tassara, relevant de la commune rurale de Kolaboui, situé à une vingtaine de kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Boké. A la faveur de la visite de notre correspondant régional, les citoyens dudit secteur ont brisé le silence pour formuler un plaidoyer fort en faveur du désenclavement de leur localité, de l’emploi, de la formation et de l’autonomisation des jeunes filles et des femmes.

Fortement impacté par l’exploitation minière, le secteur de Dembaya fait face à de nombreux défis structurels qui freinent son développement harmonieux. L’accès au secteur se fait essentiellement par des pistes rurales difficilement praticables, surtout en saison des pluies. Une situation qui constitue un frein majeur à l’accès aux services sociaux de base, aux marchés et aux opportunités économiques.

‘’Le secteur de Dembaya fait face à plusieurs défis structurels. L’accès reste difficile et cela ralentit considérablement notre développement. Nous constatons également une faible intervention effective de l’État, tant en matière d’investissement public qu’en présence opérationnelle des services techniques’’, déplore un habitant rencontré sur place.
Avec une population de plus de 300 habitants, majoritairement jeune, Dembaya regorge pourtant d’un potentiel humain important. Malgré l’implication remarquable des femmes dans les activités économiques locales, notamment l’agriculture et le petit commerce, le secteur souffre d’un manque criard d’équipements.
‘’L’accès aux intrants agricoles est limité. Nous manquons d’équipements techniques adaptés. Le chômage des jeunes est élevé et les femmes ont un faible accès aux activités génératrices de revenus’’, souligne un responsable local.

Autre difficulté soulevée : la faible employabilité des jeunes dans les sociétés minières environnantes. Une situation jugée paradoxale par les populations, au regard du potentiel existant.
‘’Le secteur de Dembaya dispose d’une jeunesse formée dans divers métiers : maçonnerie, chaudronnerie, mécanique, électricité, conduite d’engins… Mais ces compétences sont très peu valorisées’’, regrette un citoyen sous couvert d’anonymat.
Pour les habitants, il est incompréhensible qu’un secteur fortement impacté par l’exploitation minière continue de vivre dans une telle précarité. Ils appellent les autorités locales, les services techniques de l’État et les sociétés minières à prendre leurs responsabilités, notamment en matière de responsabilité sociétale des entreprises (RSE).
Dembaya ne demande pas l’aumône, mais des actions concrètes : l’aménagement des pistes rurales, l’appui aux groupements agricoles, la mise en place de programmes de formation qualifiante, l’intégration prioritaire des jeunes dans les emplois liés aux activités minières et le financement d’initiatives en faveur des femmes.
À l’heure où les discours sur le développement local et l’inclusion socio-économique se multiplient, Dembaya attend des actes. Car derrière les chiffres de la production minière, il y a des communautés qui aspirent simplement à vivre dignement des richesses de leur terroir.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.
