La recrudescence des incendies dans les plantations d’ananas devient de plus en plus préoccupante dans commune rurale de Friguiagbé, située à une vingtaine de kilomètres de Kindia. Des incendies souvent d’origine inconnue, détruisent tout sur leur passage. Elles provoquent d’importantes pertes économiques et créent un climat d’inquiétude pour les producteurs locaux qui y investissent énormément d’argent.

Pour les producteurs, il ne s’agit pas seulement de pertes matérielles, mais d’un véritable coup porté à leur survie économique. Parmi les victimes, Fatoumata Sylla, qui témoigne avec émotion. Le champ qu’elle exploitait avec son frère a été entièrement consumé, emportant plus de 4 000 pieds d’ananas. Elle raconte les faits avec une profonde amertume.

« C’est mon frère qui m’a appelée pour me dire que le champ était en feu. Au début, je n’y croyais pas. Je me suis rendue sur place le soir même et ce que j’ai vu m’a brisé le cœur. Il ne restait absolument rien : ni fruits, ni rejets, ni même les traces de notre travail. Nous avions planté environ 5 000 pieds. Après une première récolte, il restait encore plus de 4 000 fruits prêts à être vendus. Tout est parti en fumée en quelques heures. Jusqu’à présent, personne n’a pu nous dire comment le feu a commencé. Pour moi, ce n’est pas un accident. Ce n’est ni la première ni la deuxième fois que des champs brûlent ici. Quelqu’un met volontairement le feu et nous voulons que la vérité soit connue’’, a-t-elle expliqué.

Elle n’est pas la seule victime. Naby Yaya Sylla, un autre producteur d’à côté, a lui aussi vu sa plantation détruite. Il précise n’avoir aucune information concernant la cause de l’incident survenu dans son champ.
‘’Ce jour-là, j’avais laissé le champ comme d’habitude. Je suis allé à la mosquée pour la prière du vendredi. Pendant ce temps, le feu a tout ravagé. À mon retour, je n’ai trouvé que des cendres. Ici, c’est ma propre terre, le feu ne passe jamais par-là et il n’y a pas de brousse sèche autour. Je me pose beaucoup de questions. Qui peut faire ça et pourquoi ? Nous avons interrogé les voisins, nous avons cherché à comprendre, mais personne n’a pu nous donner une explication claire. Aujourd’hui, je suis découragé, parce que c’est avec ce champ que je nourris ma famille’’, s’est-il offusqué.
Dans cette localité essentiellement agricole, la culture de l’ananas constitue l’une des principales sources de revenus pour les habitants.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
