Les coutumiers du site Balantadougou, – un site situé à Sonfonia bas-fond – , dans la commune urbaine de Sonfonia, revendiquent la paternité d’un domaine face à un entrepreneur local, qui aurait affirmé être le « propriétaire » de tout le site qui comporte 680 hectares. Ce dimanche 11 janvier 2026, ils étaient devant la presse.

Réunis autour d’un collectif, les coutumiers de Balantadougou (Sonfonia Centre, et de Kobayah Village) accusent un entrepreneur local de s’être approprié de leur domaine. Foromo Togba Dopavogui est l’un des citoyens de la zone. Il revendique la paternité d’une partie de ce domaine.

‘’Ici, nous sommes sur le domaine appelé communément Balantadougou. C’est un domaine qui est vaste, mais c’est une partie estimée à 680 hectares qu’un entrepreneur sorti de nulle part, il y a deux ans, a commencé à occuper, sans consultation préalable des propriétaires coutumiers qui résident à Sonfonia, à Yataya, à Kobaya.
Ces propriétaires coutumiers, figurez-vous, vivent sur ce terrain depuis plusieurs centaines d’années. Bien avant même le premier régime. Vous savez comment ont été les premières occupations.
Ils ont tout ici. Ils font l’agriculture, comme vous pouvez le constater, ils font l’essentiel, ils font la pêche. Une tiers personne, citoyen comme nous, se lève un beau matin pour venir occuper sans consentement préalable, sans avis, sans accord préalable des propriétaires, on trouve que c’est de l’injustice’’, accuse-t-il.

Furieux, il dénonce les arguments développés par l’entrepreneur en question, qui serait selon lui, le propriétaire du projet Dream City. Son entreprise aurait déjà déployé ses engins sur le site.
‘’Il est en train de dire que c’est l’État qui l’a donné. C’est pour cela qu’aujourd’hui, nous sommes là, pour interpeller l’État. Que le monsieur est en train de dire que c’est eux qui l’ont donné et on veut avoir la vérité, on veut que la justice soit faite.
Nulle part ailleurs en Guinée, même en dehors de la Guinée, on ne peut pas occuper le domaine de quelqu’un, même dans le droit foncier, sans son consentement préalable. C’est de ça qu’il s’agit aujourd’hui. Tout porte à croire que vous avez entendu parler du projet Dream City porté par la Société de gestion et de construction de Guinée, dont le promoteur est là.
On a tenté moult fois, de rentrer en contact avec lui, pour vous dire qu’il y a eu des démarches préalables. Ce n’est pas la première fois. Aujourd’hui spécifiquement, on a tenu à inviter la presse, parce que nous sommes convaincus qu’en dépit de toutes les démarches, le rôle de la presse est important dans cette histoire’’, a-t-il révélé.

Sur ce domaine, trois groupes forment le « Collectif des coutumiers de Sonfonia Centre et de Kobayah Village ». Et plusieurs familles revendiquent la paternité des lieux. Cécé Kourouma est l’un d’eux.

‘’Vous devez comprendre qu’il y a trois groupes ici. Il y a le groupe de Kobaya, le groupe de Sonfonia Centre et le groupe de Yataya. Et dans ce groupe, il y a aussi des personnes qu’on appelle des acquéreurs, des gens qui ont eu à acheter des terrains par le passé avec les propriétaires coutumiers. Et aujourd’hui, comme vous pouvez le constater, M. Sow se comporte comme un vrai cow-boy. Il est hors la loi, il ne respecte personne, il ne respecte pas le droit des coutumiers et donc, aujourd’hui, nous constatons que ce monsieur fait du n’importe quoi sur le terrain.
Nous l’avons convoqué plusieurs fois et comme mon frère le disait tout à l’heure, même si l’État veut récupérer les terrains des personnes pour les viabiliser, l’État fait toujours appel aux coutumiers. Vous pouvez constater avec le cas de Tayaki. Il n’y a pas eu de bruit à Tayaki, parce que les choses ont été faites dans les règles de l’art.
Les coutumiers ont été appelés, ils ont reconnu les droits des coutumiers, ils ont viabilisé le terrain. Chacun a eu sa part, que ce soit le promoteur immobilier, les coutumiers, ainsi que les acquéreurs. Chacun a eu sa part, il n’y a pas eu de problème.
Mais nous sommes étonnés qu’ici, à Balantadougou, précisément dans Sonfonia Centre, pourquoi les droits des coutumiers ne sont pas pris en compte. C’est ce qui nous pousse à nous rassembler aujourd’hui pour revendiquer nos droits, afin que l’État puisse jeter un coup d’œil et que l’État prenne ses dispositions’’, a-t-il précisé.
À souligner que, l’homme accusé dans ce dossier, serait Elhadj Sow. Il a été contacté par un journaliste du site Lerevelateur224.com, sans suite, pour le moment. En attendant d’avoir sa réaction, les accusations portées à sa charge, continuent d’alimenter les débats dans la commune de Sonfonia.
Dédé Morikè KABA, pour Lerevelateur224.com.
