Située à 55 kilomètres de Boké, la cité industrielle de Kamsar fait face à une dégradation préoccupante de ses infrastructures routières. Entre la poussière étouffante en saison sèche et la boue envahissante pendant l’hivernage, les conditions de déplacement inquiètent sérieusement les habitants, qui réclament des solutions urgentes.

Dans cette ville marquée par une forte activité minière, seules quelques portions de l’axe principal sont bitumées. En revanche, les routes secondaires, qui desservent la majorité des quartiers, sont dans un état de dégradation très avancé. Une situation qui impacte lourdement le quotidien des populations.
En saison sèche, la poussière envahit les rues, les concessions et les habitations. Pendant l’hivernage, la boue rend les déplacements difficiles, voire impossibles.
‘’Quand la saison des pluies arrive, l’eau entre dans les maisons. En saison sèche, les femmes n’ont pas d’autre choix que de verser de l’eau sur la route pour réduire la poussière. Mais cette eau stagnante, mélangée à l’air, provoque des maladies’’, témoigne un habitant.
Pourtant, les 25 kilomètres de routes annoncés depuis plusieurs années n’ont toujours pas été réalisés. Les conséquences de ce retard se font durement sentir, notamment chez les femmes, premières victimes de cette situation.

Corvées d’eau, accès aux marchés, déplacements des enfants : tout devient plus compliqué. Mariama Wamounou Camara, est habitante de Kamsar Centre. ‘’À cause de la poussière, nous sommes obligées de verser de l’eau sur la route et de passer toute la journée à nettoyer nos maisons. Si l’État veut nous aider, qu’il commence par nous donner des routes’’, plaide cette mère de famille.
Autre problème majeur soulevé par les habitants : l’absence de caniveaux. Une carence qui favorise les inondations récurrentes en période de pluies.

‘’Il n’y a pas de caniveaux ici, c’est ce qui nous fatigue le plus. Si les femmes versent de l’eau sur la route, c’est justement parce qu’il n’y a aucun système d’évacuation’’, explique Ibrahima Camara, sage du district.
Face à cette situation, les jeunes de Kamsar interpellent ouvertement les autorités communales. Ils exigent des actions concrètes et rapides.
‘’Nous demandons à la délégation spéciale de nous aider à avoir des routes pour sortir de la poussière et de ces difficultés’’, lance l’un d’eux.
À Kamsar, malgré la présence de nombreuses sociétés minières, les populations continuent d’attendre des infrastructures routières à la hauteur des enjeux économiques et sociaux.
Un appel pressant est ainsi lancé aux autorités locales et nationales, afin de soulager le quotidien des habitants et améliorer durablement leurs conditions de vie.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.
