Le président de la Haute Autorité de communication (HAC) a communié avec les hommes des médias publics et privés de Kindia ce mardi 16 décembre 2025, dans la salle de conférence de l’ENI. Au menu, la responsabilité et le rôle des journalistes avant, pendant et après l’élection présidentielle du 28 décembre prochain.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la tournée entamée par le président de la HAC dans les régions administratives du pays, afin de sensibiliser les journalistes sur le professionnalisme qui doit leur caractériser pendant les élections. La séance a connu la présence des autorités administratives et militaires.
Dans son discours, le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo s’est d’abord réjoui du travail professionnel des journalistes lors du référendum constitutionnel dernier, avant de les inviter à appliquer le même professionnalisme lors de l’élection présidentielle à venir.

‘’Nous n’avons jamais reçu une plainte, ni contre un journaliste de Kindia, ni contre un organe de presse de Kindia. Cela signifie que les journalistes font correctement leur travail. Donc, je voudrais vous féliciter pour le travail professionnel que vous avez fait pendant le référendum qui a été pacifique sur l’ensemble du territoire. Je vous demande humblement d’assumer de la même manière la couverture médiatique de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025.
Si vous le voulez, la paix sera. Si vous ne le voulez pas, il y aura la paix, parce qu’on va nous dégager. C’est cela. Comme le disait tout à l’heure le gouverneur, l’opinion est naïve au point qu’elle croit naïvement à tout ce qu’un journaliste dit. Que cela soit vrai ou faux. Elle ne croit même plus aux démentis qui viendront après. Voilà la grande responsabilité des journalistes que vous êtes’’, a exhorté Boubacar Yacine Diallo.
Poursuivant son allocution, le président de la HAC a rappelé qu’individu non détenteur de la carte Professionnelle de presse, ne peut aucunement exercer la profession. C’est pourquoi, il instruit aux autorités locales de veiller au respect de cette décision.
‘’Depuis que nous avons lancé l’opération d’assainissement, la presse se porte mieux. Ceux qui l’avaient infesté se sont retrouvés dehors. L’acharnement était tel que parfois tout le monde se montrait faible face à leur pouvoir. Ce pouvoir a été récupéré et c’est la presse elle-même qui s’est autosaisie, qui a assaini cette presse.
Association professionnelle de médias, qu’elle soit patronale ou corporative. Tout le monde a joué. En ce qui nous concerne, nous avons procédé par élimination. Nous disons : tout individu non détenteur de la carte de presse ne peut pas exercer la profession. Si la carte n’était pas obligatoire, on l’aurait ignorée dans la loi. Mais dès lors qu’elle est intégrée dans la loi avec la procédure d’acquisition et de retrait, elle n’est plus facultative. Donc, je le redis ici, je l’ai dit hier à Boké : ‘celui qui ne détient pas la carte, n’a pas le droit d’accéder aux informations’.
Or, un journaliste qui n’accède pas aux informations, n’en est pas un. Il devient un citoyen comme une ménagère qui fait sa brûlerie, qui la met sur sa page Facebook et qui vend son produit. Aux autorités locales, si vous organisez des manifestations, tous ceux qui ne détiennent pas des cartes, ne doivent pas avoir accès’’, a-t-il averti.
Concernant les Web TV et web radios, Boubacar Yacine Diallo fait savoir qu’à ce stade, la loi ne leur connaît pas et en cas d’infraction, c’est la loi sur la cybersécurité qui sera appliquée aux promoteurs.
‘’Les web TV et radios nous les avons interdits, parce que la loi à ce stade ne les reconnaît pas. Si vous faites des web TV et quelqu’un porte plainte contre vous, c’est la loi sur la cybersécurité qui vous sera appliquée. Et cela prévoit des peines d’emprisonnement, alors que la loi sur la liberté de la presse ne prévoit pas de peine d’emprisonnement. C’est à vos risques et périls. Donc, si vous savez ce que vous appelez Web TV, convertissez-les en site Internet. Le site Internet, il est autorisé. Il suffit de faire une déclaration chez le procureur. Vous faites la déclaration, il vous délivre un récépissé. Il nous saisit comme quoi, ce site existe désormais et nous savons où vous vous trouvez quand il y a infraction. Donc, le minimum, c’est de se faire identifier auprès du procureur.
En Guinée, vous avez une chance. Les sites prennent du son, prennent des images et les diffusent. Ça, c’est déjà une chance. Il y a des pays où le site ne fait que du texte, comme un journal papier, comme un journal écrit’’, a invité le président de la Haute Autorité de la Communication.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
