En présidant ce lundi 3 novembre 2025, l’ouverture d’un atelier de renforcement des capacités des journalistes, le président de la Haute autorité de communication (HAC) a envoyé un message à la fois clair et fort aux hommes de médias, dans la préfecture de Kindia.
Lors d’une session d’échange des associations de presse et commissaires sur leurs rôles et responsabilités en matière de lutte contre les discours de haine et d’incitation à la violence, regroupant 50 hommes de médias, venus des région de Kindia, de Labé et de Mamou, le président de la Haute autorité de communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo a interpellé les journalistes sur leur responsabilité en période électorale.
‘’Dans cette session, il y a deux mots clés qui apparaissent : discours de haine et actes de violence. Je pense qu’on ne peut pas choisir mieux que ces deux termes pour attirer l’attention des journalistes sur leurs responsabilités. Vous ne vous rendez jamais compte des dégâts que vous pouvez faire, si jamais, vous diffusez un certain nombre d’informations, même vérifiées. Beaucoup de journalistes commettent l’erreur, et je l’entends souvent, de dire, lorsqu’ils ont relayé des propos haineux ou des propos communautaristes, de dire : « je ne suis pas responsable, parce que ce n’est pas moi qui l’ai dit, mais c’est vous qui l’avez relayé ». C’est une grande responsabilité, parfois, que vous ignorez, parfois, que vous-même, vous piétinez.
Nous nous acheminons vers des élections. Le référendum s’est bien passé du point de vue de la presse. Donc, Je voudrais saisir cette occasion pour féliciter l’ensemble de la presse guinéenne pour avoir cultivé l’esprit de paix, pour avoir soutenu les discours de paix et pour avoir ignoré les discours vat en guerre’’, a-t-il interpellé.
Poursuivant, le président de la Haute Autorité de communication (HAC) fait savoir que le bon journaliste devrait à première vue, savoir identifier qui soutient qui, avec quel discours. Car réitère-t-il, la HAC ne tolèrera pas.
‘’Une élection présidentielle met en jeu des acteurs, des candidats clairement identifiés dont la liste officielle est publiée par la Cour suprême, en attendant la mise en place de la Cour constitutionnelle. Et ces candidats auront leurs soutiens désignés. Il peut y avoir aussi des soutiens autoproclamés qui espèrent avoir des avantages, lorsque le candidat sera élu et qui sont incontrôlés. Le bon journaliste devrait à première vue, savoir identifier qui soutient qui, avec quel discours.
Chacun est libre de soutenir qui il veut. Mais, il n’a pas le droit d’inciter à la violence ou de tenir des discours de haine dans vos médias. Ça, c’est de votre responsabilité. Vous devriez être en mesure de les en empêcher, parce que, comme le disait l’autre, s’il n’y a pas de paix, il n’y a pas de presse. S’il n’y a pas de paix, il n’y a pas de journalistes, il n’y a pas de radio. Ne permettez pas que des actes d’intolérance soient relayés sur vos antennes. Et je voudrais insister sur les émissions interactives, parce que je suis sûr que nous n’allons pas les interdire pendant la campagne électorale. Mais, vous savez que ce n’est qu’en Guinée dans les émissions interactives où vous voyez des citoyens qui se substituent à un parti politique et qui parlent en son nom. Ils vous disent : « je suis tel, je suis de tel parti ». Et vous le laissez passer. Alors que dans tous les autres pays, ce sont des citoyens qui s’expriment. Parce que vous n’êtes même pas sûr que celui qui parle au nom du parti a le mandat du parti. Peut-être qu’il n’est même pas connu du parti. Peut-être qu’il veut avoir des avantages. Et ça, vous devez pouvoir faire attention en période de campagne.
En période électorale, la HAC ne tolèrera pas. Vous avez vu ce qui s’est passé pendant le référendum. Si tu faillis, on ne te convoque pas. Tu entends dans le 20h30. Et ça, ça ne changera pas. Et j’espère qu’il n’y aura aucune sanction. En tout cas, c’est mon souhait’’, a menacé Boubacar Hassine Diallo.
Depuis Kindia, Amara dji SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
