Dans un communiqué publié mardi 28 octobre, la Section Syndicale Nationale du Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (SENASUR) avait appelé à un arrêt de travail pour dénoncer les conditions de travail jugées difficiles. Annoncée pour ce mercredi 29 octobre 2025, la grève des enseignants de l’Université Julius Nyerere de Kankan a finalement été suspendue, quelques heures seulement après son annonce.
Contacté, M. Moriba Kouyaté, enseignant-chercheur et secrétaire général adjoint de la SENASUR, a expliqué que cette suspension fait suite à l’implication directe du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, qui a dépêché une mission à Kankan pour examiner les points de revendication.
« Le mot d’ordre de grève n’a pas été levé, mais suspendu par respect pour notre ministre. Dès qu’il a appris que nous avions décidé d’arrêter les cours, il a réagi immédiatement en envoyant une délégation à Kankan. Les notables sont également intervenus », a-t-il déclaré.
Poursuivant, M. Kouyaté indique que plusieurs doléances formulées par les enseignants ont commencé à être prises en compte.
« Nous avons constaté que la majorité de nos revendications, notamment celles concernant les salles de classe et les bureaux, sont en cours de satisfaction. Le ministre nous a demandé de suspendre la grève jusqu’à l’arrivée de la délégation. Par respect pour lui et pour les notables de Kankan, nous avons décidé de suspendre le mot d’ordre jusqu’à samedi. Les besoins que nous avions exprimés pour les enseignants et les étudiants sont progressivement pris en charge », indique-t-il.
Il a également souligné la nécessité d’améliorer les infrastructures énergétiques de l’université. « On ne peut pas enseigner aujourd’hui avec les nouvelles technologies sans électricité. Depuis 2016, le moteur qui alimente l’université est vétuste. Nous avons demandé l’achat de nouveaux groupes électrogènes. Quand on revendique dix points et que sept ou huit sont satisfaits, on poursuit le dialogue pour les autres. Mais si les deux restants ne le sont pas, nous pourrions reprendre la grève », a-t-il prévenu.
Cette suspension provisoire de la grève apparaît comme un signe d’apaisement entre les autorités et les enseignants. Tous espèrent désormais que les promesses faites seront suivies d’actions concrètes pour améliorer durablement les conditions d’enseignement à l’Université Julius Nyerere de Kankan.
Depuis Kankan, Fassou CAMARA, pour Lerevelateur224.com.
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