L’inadéquation entre la formation et l’emploi est un problème majeur en République de Guinée, où les compétences acquises par des jeunes ne correspondent pas toujours aux besoins des entreprises, entraînant un chômage et un sous-emploi élevés.
Pour tenter de comprendre les causes de ce déséquilibre, mais aussi proposer des pistes de solutions, nos confrères de la RTG ont invité ce mardi 21 octobre 2025, dans leur émission «Grand Angle», Mohamed Condette Keïta, banquier et spécialiste des questions de formation.
Dans son intervention, M. Keïta explique cette problématique par le fait que les programmes enseignés dans nos instituts et universités ne sont pas en adéquation avec les besoins des entreprises.
‘’On peut citer plusieurs raisons qui font qu’aujourd’hui nos jeunes qui sortent des différents instituts de formation, des différentes universités, ne trouvent pas d’entrée de jeu d’emploi de manière directe. La première raison, c’est que les instituts de formation, les universités, dans leur grande majorité, ne travaillent pas de pairs avec les entreprises qui ont des besoins colossaux de recrutement. Ce n’est pas normal par exemple qu’un étudiant commence une licence, et que durant ses trois années de licence, à aucun moment, une entreprise ou plusieurs entreprises ne viennent pas dans son université ou dans son institut pour expliquer ce que l’entreprise fait, quels sont les besoins en termes d’emploi, qu’est-ce que l’entreprise de manière intrinsèque recherche pour que l’université adapte la formation aux besoins de recrutement de l’entreprise et que In fine, l’étudiant en sortant, soit armé en terme de bagage intellectuel pour être directement employable. Donc, il y a ce besoin premier d’absence de travail de collaboration directe entre les entreprises privées et les universités’’, a-t-il dégagé.
Pour inverser cette tendance, Mohamed Condeta Keïta propose quelques pistes de solutions. ‘’Nonobstant, les efforts de part et d’autre du gouvernement, des entreprises sur place, je pense qu’il y a tout un tas de mesures à prendre pour réduire cet écart entre les besoins d’emploi des entreprises et les formations qui sont délivrées au sein de nos instituts de formation. On peut trouver des solutions : il y a des solutions palliatives qui peuvent être rapidement identifiées. Je vous disais tantôt, j’ai fait mes études en France, il y a un système qui s’appelle apprentissage ou alternance, c’est un système qui, à date, n’existe pas en Guinée. Je pense qu’en appuyant sur l’accélérateur et en allant dans ce sens, cela permettrait quelque part de résorber le chômage ou l’inadéquation entre les formations qui sont délivrées et les besoins d’emploi au niveau des entreprises ou de l’administration le public. Moi, par exemple, dès que je suis rentré en grande école, mes trois dernières années du programme grande école, je les ai faites en apprentissage. Ce qui faisait que lorsque je sortais de l’école, j’avais déjà 36 mois, trois ans d’expérience professionnelle qui me rendait complètement employable et qui dessinait quelque part mon chemin en entreprise. Donc, on peut expérimenter ce genre d’exemple chez nous » ?’’, a-t-il préconisé.
CAMARA Mamadouba, pour Lerevelateur224.com.
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