La construction du pont reliant plusieurs secteurs de Lanbandji au centre-ville de Boké, suscite de vives réactions, notamment de la part du journaliste et activiste Basekou Amirou Drame. Ancien directeur de Hadafo média Kakande, il n’a pas hésité de fustiger le retard prolongé des travaux et l’attitude de l’entreprise en charge de la construction, qualifiant la situation de « foutaise du siècle ».

Dans un post virulent sur sa page Facebook, Basekou Amirou Drame a exprimé sa colère face à l’inaction des responsables du projet, dénonçant ce qu’il considère comme un mépris des citoyens de cette ville minière, véritable poumon économique de la Guinée. Le journaliste rappelle que les travaux ont été lancés il y a deux ans, avec un délai initialement prévu de six mois, mais aucune avancée significative n’a été constatée depuis.

Les citoyens de Lanbandji, frustrés par cette lenteur insupportable, ont décidé de prendre les choses en main. Face à l’absence de progrès, ils ont entrepris de réparer eux-mêmes l’ancien pont en bois, emporté par les eaux lors des fortes pluies d’août dernier. Ce geste symbolise le désespoir et l’impatience d’une population qui en a assez d’attendre.
‘’Nous ne pouvons plus attendre un pont dont la fin des travaux n’est même pas fixée. Nos enfants doivent pouvoir aller à l’école en toute sécurité. Notre patience a atteint ses limites’’, a déclaré avec fermeté, le président du conseil de quartier de Lanbandji, lors d’une sortie sur le site de l’ancien pont en bois, accompagné de plusieurs jeunes de la localité.
Pour Basekou Amirou Drame, il est inconcevable qu’une ville aussi importante que Boké, qui abrite plus de 14 sociétés minières, continue de fonctionner avec des infrastructures aussi précaires.

‘’Voir les citoyens, encore en 2025, construire des ponts faits de lianes pour traverser, c’est risquer de précipiter l’accès à l’au-delà en cas d’intempéries’’, a-t-il averti, soulignant le danger que représente la situation actuelle pour la population.
L’absence de suivi et d’évaluation des projets, selon le journaliste, est une preuve flagrante de l’indifférence des autorités et des entreprises chargées des travaux.
‘’Cette situation nuit gravement à l’image de Boké et à l’effort économique du pays. Il faut agir d’urgence pour éviter le pire’’, a-t-il ajouté, déplorant que la communication autour du projet de construction du pont n’ait jamais été faite par l’entreprise, laissant la population dans l’ignorance.
En dépit des promesses et des engagements pris au début des travaux, la lenteur des avancées et l’absence de toute explication officielle sur les retards ont envenimé le climat à Boké. Alors que l’attente de la population se fait de plus en plus lourde, l’espoir d’une issue rapide semble s’éloigner, laissant une grande part de l’opinion publique sur une note de frustration profonde.
Depuis Boké, Mamoudou DIALLO, pour Lerevelateur224.com.
