Toujours pas de nouvelle date pour la tenue de la 2ème session ordinaire, des conseillers qui dénoncent la gestion cavalière de l’exécutif communal, des dépenses unilatéralement effectuées sur des projets qui tardent à être exécutés, l’ingénieur-conseil qui porte désormais le manteau d’entrepreneur et les piètres qualités des travaux déjà réalisés : tel est le visage du tableau sombre que présente la délégation spéciale de la commune urbaine de Kissidougou, officiellement installée depuis le 19 avril 2024.
C’est au regard de tous ces manquements qu’un groupe de conseillers a adressé récemment un mémorandum à l’exécutif communal, provoquant ainsi le soupçon du parquet du Tribunal de Première Instance de Kissidougou, qui porte désormais un regard de lynx sur ce dossier rocambolesque qui dégage un parfum de détournement.
Face à cet imbroglio financier et administratif, le vice-président de la délégation spéciale de la commune urbaine de Kissidougou, Mamadi Mansaré a accordé un entretien aux journalistes de la place pour tenter de rassurer l’opinion publique.
Dans ce face-à-face avec les hommes de médias, le numéro 2 de la commune urbaine a été confronté à plusieurs questions brûlantes relatives à un document intitulé « tableau pour suivi des chantiers d’investissements sur fonds propres (PAI 2024-2025) », qui fournit des détails sur 7 investissements de ladite commune dont le coût global s’élève à 583 019 301 GNF.
Sur la question de savoir si toutefois il y avait eu des appels d’offres dans l’octroi de ces différents marchés, Mamadi Mansaré a déclaré ceci : ‘’je pense que c’est des erreurs que nous allons corriger désormais. On pensait que c’était des petites activités de 40 ou 50 millions qui ne nécessitaient pas forcément des appels d’offres, parce que les appels d’offres aussi amènent d’autres dépenses. C’est pourquoi, nous avions confié ces travaux à notre ingénieur-conseil à cause de son expérience. Aujourd’hui, nous sommes vraiment fiers des chantiers qu’il a réalisés. Par exemple, l’aménagement du grand rond-point et la réalisation du collecteur d’eau au niveau de la poste’’, s’est-il justifié.
Sur la fameuse question concernant l’achat d’un camion benne où un montant de 70 millions de francs guinéens a été versé comme une avance à l’entrepreneur « Entreprises Faramaya » depuis janvier 2025, le conseil communal a apporté des détails.

‘’Vu l’inefficacité des tricycles dans le transport des ordures vers la décharge centrale, nous avons lancé ce projet phare d’achat d’un véhicule benne. Le coût du projet s’élevait à 160 millions de nos francs. Ce marché a été confié à un fils de Kissidougou qui avait promis de nous fournir un camion de 6 mètres cube. Effectivement, nous lui avons livré un chèque de 70 millions. Alors, notre objectif, c’était d’avoir ce camion au plus tard 3 mois après. J’étais récemment à Conakry et quand j’ai appelé l’importateur, il me disait qu’il était à l’étranger et qu’il allait rentrer en Guinée le samedi. Néanmoins, il nous a rassurés que le camion allait nous trouver à Kissidougou d’ici la semaine prochaine. J’espère bien qu’il tiendra cet engagement. Alors, je me demande pourquoi les gens parlent de détournement à ce niveau’’, s’est-il étonné.
Autre point choc de ce document, concerne l’installation des lampadaires au grand rond-point sur un coût total de 137 millions GNF. Le montant total a été versé à l’entrepreneur depuis décembre 2024, mais jusque-là, les citoyens ont du mal à croire à leur existence aux différents lieux indiqués. Sur cet autre sujet, le vice-président s’est défendu en ces termes : ‘’je précise que ce projet consistait à réhabiliter 20 lampadaires au total soit 14 au grand rond-point, 04 à la place des Martyrs et 02 à la Mairie.
Sauf que, le jour même où l’on avait installé pour la Mairie, les voleurs avaient nuitamment emporté les 2 batteries. Le montant de 137 millions peut paraître exorbitant pour vous, mais si tu évalues techniquement, tu sauras que c’est raisonnable. Déjà, au niveau de chaque lampadaire, il y a 2 batteries et chaque batterie coûte environ 1 500 000 GNF, sans compter le coût des autres matériels comme les régulateurs. Aujourd’hui, ces lampadaires existent bel et bien sur les lieux indiqués. Mais ce qui a choqué les conseillers, c’est que, au cours de l’exécution des travaux, ce montant a été modifié suite à la demande de l’entrepreneur, ça peut arriver. Alors, s’ils ne sont pas informés, ils vont penser qu’il y a malversation’’, s’est-il expliqué.
En tout cas, pendant plus d’une heure, ces questions et tant d’autres liées à ce dossier ont été posées par les journalistes. Reste à savoir si les réponses apportées par le vice-président de la délégation spéciale de la commune urbaine de Kissidougou sont de nature à rassurer l’opinion publique qui suit cette affaire avec une attention particulière.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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