Une forte pluie s’abat sur la capitale guinéenne depuis mardi 1er juillet 2025. Elle a failli virer au drame dans la commune de Sonfonia. Ibrahima Sanoh, alors qu’il tentait de regagner son domicile, s’est retrouvé piéger par les eaux de ruissellement au niveau du pont d’Assoumania Village à la cimenterie.
Dans une publication qu’il a faite sur son compte Facebook, la victime déclare avoir survécu une noyade, après que sa voiture a été emportée par les eaux. Il accuse la société GUITER SA qui travaille sur ce chantier depuis quelques temps.
‘’Hier nuit, aux environs de 22h, alors que je me hâtais de rentrer chez moi, j’ai été victime d’une noyade au niveau du pont d’Assoumania Village, dans la zone de la Cimenterie. Ce lieu, aujourd’hui en travaux, est sous la responsabilité de la société GUITER SA, dans le cadre, dit-on, de la construction d’une route reliant Sonfonia à Tobolon, dans la préfecture de Dubréka’’, a-t-il confié.
Selon lui, depuis des années, les riverains avaient, par leurs propres moyens, construit un petit pont pour garantir leur mobilité durant la saison des pluies. Mais les travaux actuels ont complètement obstrué les voies d’accès à ce pont, sans prévoir d’alternatives viables pour les usagers.
‘’Certes, on pourrait parler d’imprudence de ma part. Mais, la vérité est que si les voies d’accès au pont n’avaient pas été bloquées par GUITER SA, jamais, je ne me serais retrouvé dans une telle situation. L’imprudence aurait été indiscutable si le pont avait été librement accessible et que j’avais volontairement ignoré les dangers’’, ajoute la victime.
Sa voiture a été submergée par les flots. Par miracle, elle a été arrêtée par un palmier couvert de lianes. C’est en s’y accrochant qu’Ibrahima Sanoh a pu grimper sur le toit du véhicule, où il est resté bloqué plus de trois heures, en pleine nuit, dans des conditions extrêmes.
‘’Ma voiture a été emportée par les eaux. C’est un palmier couvert de lianes qui, par la Grâce divine, a stoppé sa course. L’eau a rempli l’habitacle. Par une force que je ne saurais expliquer, j’ai réussi à m’extraire du véhicule et à grimper sur le toit, en m’accrochant aux lianes. J’y suis resté plus de trois heures, suspendu entre la vie et la mort. Des voix criaient : ‘Il est emporté ! Il est mort !’. Je répondais : ‘Je suis vivant, priez pour moi’. Je savais que personne ne pouvait m’aider sans risquer sa propre vie. Ce que je demandais, ce n’était pas une intervention hasardeuse, mais des prières’’, raconte-t-il.
Selon la victime, les employés de GUITER SA arrivés sur les lieux, n’ont exprimé ni compassion ni aide à son égard. ‘’Ce matin, lorsque les employés de GUITER SA sont arrivés sur les lieux, ils m’ont jugé, au lieu de compatir. Aucune aide, aucune parole de compassion. Je me suis débrouillé seul pour faire venir une grue et faire sortir le véhicule. Ils ont pourtant des moyens logistiques qui auraient pu être employés à m’aider. Les dégâts matériels sont importants, mais ma vie a été sauvée, et c’est cela qui compte’’, déplore-t-il.
Bien que la responsabilité civile de l’entreprise puisse être engagée, Ibrahima Sanoh n’envisage pas de poursuites à ce stade. ‘’Je n’ai pas pour vocation de porter plainte, bien que la responsabilité civile de GUITER SA soit clairement engagée ici et facile à établir. Un huissier a fait un constat ce matin. Des journalistes ont filmé les lieux et recueilli des témoignages accablants. Mon objectif, ce n’est pas la vengeance. C’est la prévention : je demande à GUITER SA de rouvrir les voies menant au pont et de corriger les problèmes créés par ses interventions. Il est inacceptable qu’en pleine saison des pluies, les citoyens soient ainsi mis en danger’’, a-t-il interpellé.
Pour finir, il n’a pas manqué d’exprimer sa gratitude à tous ceux qui lui ont apporté leur soutien.
Gnama KABA, pour Lerevelateur224.com.
