Dans la matinée de ce vendredi 30 mai 2025, la tension était vive dans l’enceinte du groupe scolaire la Part-Dieu, où plusieurs centaines de postulants étaient mobilisés pour prendre part à une formation programmée dans le cadre du recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4), au compte de la commune urbaine de Kissidougou.
Ces hommes et femmes qui ont adhéré à ce projet à travers une candidature en ligne, étaient déjà rassurés à l’avance de participer à cette formation, parce qu’ils ont eu leurs récépissés et avaient même reçu des appels leur signifiant qu’ils étaient retenus pour suivre ladite formation à Kissidougou à partir du lundi 26 mai. A leur grande surprise, ces personnes n’ont pas retrouvé leurs noms sur les nouvelles listes affichées devant les 3 salles.
A leur place, d’autres personnes étaient déjà confortablement installées dans ces salles avec des formateurs. Face à cette situation confuse qu’ils n’ont pas du tout digérée, les postulants recalés ont exprimé leur désolation en décidant purement et simplement d’empêcher la tenue de cette formation. Dans l’ensemble, ils ont fermement dénoncé cette inégalité à ciel ouvert.
Venu de Conakry dans l’espoir de participer à cette formation, Ali Baba Fadiga qui se dit déçu, crie à la fraude et interpelle les responsables au plus haut niveau.

‘’Imaginez, j’ai quitté ma famille depuis presqu’une semaine, pour venir participer à cette formation. J’ai passé un séjour difficile, car je n’ai aucun parent ici. Malgré le fait que j’ai eu mon récépissé et j’ai été appelé que je suis retenu, aujourd’hui, je ne vois pas mon nom sur la liste. Ce qui est plus gênant, ils sont incapables de nous dire au nom de quel critère nous avons été écartés. Mais nous savons tous que c’est de la fraude. Ils ont fait remplir les salles par leurs proches, leurs enfants ou leurs protégés. C’est de l’injustice et pourtant, nous sommes tous des fils et filles de ce pays, on a droit à l’égalité de chance’’, a-t-il condamné.
Malgré ce sentiment de déception, Ali Baba Fadiga et ses amis n’entendent pas reculer face à cette situation. Ils sont déterminés à empêcher toute formation jusqu’à l’intervention des autorités.
Nous sommes regroupés ici, beaucoup viennent de Conakry et d’ailleurs, nous n’allons pas laisser passer cette inégalité. Ceux qui sont dans la salle ne pourront pas suivre la formation, car nous allons empêcher jusqu’à ce qu’on nous dise pourquoi pas nous. Nous n’allons pas faire la violence, c’est promis’’, s’est-il montré ferme.
Quant à Fatoumata Binta Condé, également en provenance de Conakry, elle ne doute pas de cette fraude qu’elle exhibe.

‘’A Kissidougou, il y a eu de la fraude dans ce processus, c’est évident. A la suite de ma candidature en ligne, c’est le projet même qui m’a appelé, m’invitant de me rendre et pour preuve, on m’a attribuée un récépissé. Donc, depuis le 25 mai, je suis à Kissidougou à mes propres frais y compris le calvaire du voyage. Hier jeudi, ils nous ont programmés de venir pour débuter la formation, mais eux-mêmes n’étaient pas venus. Aujourd’hui maintenant, quand nous sommes venus, nous avons trouvé des listes devant les salles, mais sans nos noms. Pourtant, nous figurons sur la liste générale. C’est la fraude en flagrant délit. Nous n’allons jamais accepter cette injustice’’, a-t-elle insisté.
Pour sa part, le coordinateur préfectoral du projet RGPH-4 pour Kissidougou, Ousmane Sanoh a tenté d’apporter des précisions sur le travail de délibération qui a conduit à l’élimination de certains postulants.

‘’Il y a eu deux types de candidatures notamment la candidature en ligne et le dépôt des dossiers physiques. Pour le cas de Kissidougou, il y a eu 1500 postulants pour les deux cas, alors que le besoin net du projet pour des personnes à former était de 601 personnes qui seront aussi évaluées à l’issue de la formation pour ne retenir que 498 pour tout Kissidougou. Donc, dans la délibération, nous nous sommes référés aux critères d’âge et de disponibilité’’, a-t-il détaillé.
Toutefois, en raison de la vive tension qui prévalait sur les lieux, l’intervention du coordinateur préfectoral a été interrompue.
À signaler que sur ces fameuses listes, certains noms étaient écrits par des bics, tandis que d’autres étaient saisis. Jusqu’au moment où nous quittions les lieux, c’était le statuquo .
Aux dernières nouvelles, on apprend que les autorités locales, accompagnées d’un dispositif sécuritaire, s’étaient rendues sur les lieux, pour tenter de calmer la situation.
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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