Je suggère à Monsieur le Ministre de l’Enseignement Pré-Universitaire d’envisager la création d’une commission chargée d’étudier et de piloter l’installation de conseils d’orientation dans les établissements scolaires du secondaire, en particulier dans les grands lycées.
Ces conseils d’orientation auront pour mission principale de préparer les élèves à faire des choix éclairés de filières avant le baccalauréat, en tenant compte de leurs aspirations, de leurs compétences, mais aussi des réalités économiques de notre pays.
Chaque élève doit pouvoir comprendre ce qui l’attend après le lycée : les débouchés professionnels des différentes filières, ainsi que les secteurs porteurs offrant de réelles perspectives d’avenir.
À quoi bon former plus d’archivistes que de plombiers, alors que des logements sortent de terre dans toutes les villes du pays ?
À quoi bon orienter chaque année des centaines de jeunes en Droit, alors que des milliers de diplômés en droit peinent déjà à décrocher un master, pendant que les entreprises cherchent désespérément des mécaniciens ?
Pourquoi remplir les facultés d’Histoire à Kankan ou Sonfonia, alors que les routes se multiplient et qu’on manque cruellement de main-d’œuvre qualifiée dans le BTP comme ferrailleurs ou conducteurs d’engins lourds ?
J’estime qu’il est important que les jeunes soient désormais mieux informés sur les opportunités concrètes qui s’ouvriront à eux, en lien avec les projets structurants du pays, tels que Simandou 2040, qui nécessite davantage de profils techniques comme des ingénieurs, mécaniciens, conducteurs d’engins ou techniciens spécialisés, que de profils littéraires comme des lettres modernes ou philosophes.
Chaque grand lycée devrait mettre en place un conseil d’orientation composé de professionnels expérimentés, choisis pour leur expertise, mais également formés aux enjeux actuels liés aux compétences techniques, numériques et industrielles.
L’avenir de l’école guinéenne m’inquiète profondément. Le niveau d’enseignement baisse chaque année, et les élèves manquent cruellement d’informations sur leur avenir. Ils méritent d’être mentalement, académiquement et professionnellement préparés.
Pour dire donc que nous devons accorder une place prioritaire à la promotion des écoles de formation professionnelle, car trop de jeunes diplômés aspirent uniquement à des postes de bureau et de commandement, alors que notre pays est en pleine transformation économique et a besoin de main-d’œuvre qualifiée dans les métiers techniques et productifs.
Pour renforcer cette dynamique, je suggère à Monsieur le Ministre de l’Enseignement Supérieur d’envisager une réorientation stratégique de certaines filières universitaires, notamment littéraires, qui génèrent peu de débouchés.
Une suspension temporaire de certains départements comme la philosophie, la sociologie, l’histoire ou encore les sciences documentaires pourrait être envisagée, le temps de recentrer les efforts sur les formations techniques, scientifiques et industrielles.
Nous devons combattre le chômage à la racine. Et pour cela, il faudra, ne serait-ce que temporairement, anesthésier la bureaucratie et investir davantage dans les compétences utiles à la transformation de notre pays.
Dr. Karamo Kaba
Écrivain Auteur Consultant
