Le Tribunal de Première Instance de Kaloum a rendu le 19 mai dernier, sa décision dans l’affaire Ministère Public contre Ahmed Kanté sur plainte de la société African Bauxite Corporation (ABC) représenté par Alexandre Zotov, un ressortissant russe. Il a déclaré M. Kanté son coupable de l’ensemble des accusations portées contre lui, mettant ainsi un terme à une procédure judiciaire qui a suscité une large attention nationale et internationale. Ce mercredi 21 mai 2025, l’Administrateur Général d’AGB2A-GIC était face à la presse, à Kipé, pour faire le point, en compagnie de ses conseils et partenaires.
Devant les hommes de médias, le patron de la société minière AGB2A-GIC s’est réjoui de la décision rendue en première instance, par le TPI de Kaloum. Une décision à ses yeux, qui vient rétablir son image souillée par des « accusations infondées » tant à l’interne qu’à l’international. Pour lui, elle confirme l’intégrité et la légalité de toutes ses actions dans le cadre de ses fonctions d’administrateur général d’AGB2A-GIC. Elle constitue également une victoire du droit de la vérité et de la justice.

‘’Vous savez que, pendant trois ans, vous avez été soumis à beaucoup de harcèlement. Que ce soit médiatique. Mais, le plus souvent, on pense que ce n’était qu’à l’échelle de la Guinée. Nos noms, et je parle pour moi-même, ont été diffusés dans des médias internationaux en mentionnant fraude. Vous savez, même pour un citoyen simple, cela est déjà choquant. Mais, quand c’est pour une personne qui a eu le privilège d’être ministre dans un pays et que vous soyez taxé de fraudeur, alors, vous avez une double culpabilité qui s’enracine dans votre esprit. Non pas que vous soyez réellement coupable, mais vous vous dites quel est le regard que mes compatriotes vont avoir sur moi, alors qu’ils m’ont investi d’un niveau de pouvoir qui est exceptionnel dans tout le pays ?
Mais, il fallait être patient. Il fallait accepter de rentrer dans toutes les dédales avec quelquefois des humiliations. Mais en ayant la foi et en se disant qu’après tout, nous sommes un homme. Donc, nous sommes un citoyen. Nous ne sommes pas au-dessus de la loi. Nous devons accepter tout ce que recommandent les lois de notre pays.
Pendant presque trois ans, nous avons fait des allers-retours sur ce dossier. Et quand au bout de ces trois ans, vous avez une décision de ce genre qui tombe, ça fait un soulagement pour vous à titre personnel, mais également pour l’ensemble des personnes qui se sont senties impliquées à côté de vous dans un dossier de ce genre. Je veux vous dire que le succès de AGB2A GIC ne tient qu’à une chose : C’est la confiance que des partenaires ont eue, d’abord à la Guinée, mais ensuite à ma personne. Et le plus souvent, ce que les gens se demandent, c’est que dans une société comme AGB2A GIC, qu’est-ce qu’on mérite quand c’est avorté ? Mais il est évident que quand on vient sur le terrain, on voit tout ce qui a été mobilisé, l’équivalent de 313 millions de dollars investis, cela l’a été par la confiance que les partenaires aussi ont eue à ma personne. Et c’est une confiance qui a été établie à la suite d’une due diligence qui a été menée sur qui je suis, qu’est-ce que j’ai fait, tout, tout, tout, tout, avant qu’ils ne s’investissent.
Donc, vous voyez, quand vous avez des charges comme ça, c’est-à-dire la charge des citoyens du pays sur vous, puisque vous les représentez, ensuite, des partenaires étrangers aussi qui ont investi en vous, et que malgré tout ce qui a été dit, ils ont gardé le cap, la confiance a été maintenue et les investissements ont été faits, on ne peut qu’être satisfait et encourager tout un chacun, je pense, à travailler sur sa crédibilité et sur la confiance, à être sérieux. Vous savez, il y a de cela quelque temps, quand on dégageait les critères pour que vous ayez accès à des financements, ou même pour qu’on puisse vous juger crédible pour l’ouverture d’un compte bancaire dans un pays sérieux. Avant, ce qu’on vous demandait, c’est quelle est l’origine de vos fonds. Est-ce que vous avez gagné une auto, est-ce que vous avez hérité, est-ce que vous avez pris des crédits ailleurs, etc. Mais la nouveauté de ces derniers temps, c’est quoi ? C’est qu’on met aussi, est-ce que c’est votre crédibilité ? Donc, la crédibilité, elle est aussi importante que tous les autres facteurs que l’on cite, parce que grâce à la crédibilité, vous pouvez attirer et faire attirer beaucoup d’investissements dans votre pays. Donc, que cette crédibilité-là n’ait pas été entachée, je ne peux que m’en réjouir et remercier toutes celles et tous ceux qui m’ont accompagné dans ce, je ne dirais pas pèlerinage, mais je dirais dans ce chemin, quelquefois rocailleux, quelquefois difficile à monter, mais qui définitivement nous mène à quelque chose de plus intéressant.
Et remercier aussi les partenaires qui ont été soumis à une très grande pression, très grande pression, directe de la part de ceux-là qui ne voulaient pas du tout que nous puissions réussir. Mais après, c’est fini, ils n’ont plus écouté, ils ont investi, et aujourd’hui, la justice guinéenne les a donnés raison’’, a réagi Ahmed Kanté.
Pas d’appel, pour le moment…
Pour ses avocats, c’est plus qu’un ouf de soulagement. Me. Aboubacar Sidiki Kanté a laissé entendre qu’à date, la partie poursuivante n’a pas manifesté son désir d’interjeter appel.

‘’Comme nous l’avons toujours rappelé, nous, les avocats constitués par M. Ahmed Kanté, nous n’avons pas pour vocation de commenter les décisions de justice. Même pour la circonstance, pendant trois ans, nous nous sommes faits violence. Et là, nous remercions M. Kanté pour la confiance. Nous nous sommes faits violence et nous n’avons pas voulu descendre dans l’arène médiatique par respect à l’institution judiciaire nationale. Mais puisque la décision a été rendue, il est au moins important, ne serait-ce que pour les concitoyens et pour l’opinion nationale et internationale, qu’on vienne expliquer le sens et la portée de la décision (…).
Nous, pour le moment, nous n’avons pas reçu de déclaration d’appel. Mais, ça, c’est vraiment procédural. Pour ceux qui étaient à l’audience, vous vous souviendrez qu’il y a un délai pour exercer la voie de recours. 15 jours. Donc, pour le moment, nous n’avons pas reçu de notification. Mais le délai n’est pas encore épuisé’’, a indiqué Me. Kanté.
Nous y reviendrons
Alpha Madiou BAH.
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