À l’entame de la campagne agricole de cette année, les communautés rurales de Kissidougou multiplient les révoltes pour protester contre la présence des zébus maliens. Après les protestations signalées dans les localités de Firawa centre et de Telikôrô dans Albadariah, ce mercredi 7 mai 2025, c’était le tour des femmes paysannes issues de 5 villages de la commune rurale de Gbangbadou, de se révolter et d’exiger le départ immédiat des bouviers maliens de leur territoire.
Il s’agit notamment des villages de Koïko Sankaran, Hérako, Finaya, Kènèma Bomba et Korabô tous relevant de la sous-préfecture de Gbangbadou. Très tôt dans la matinée de ce mercredi, plusieurs centaines de femmes en provenance desdits villages, se sont données rendez-vous en brousse au niveau du site où ces bouviers regroupent leur bétail.

A leur arrivée sur les lieux, les bouviers ont pris la fuite laissant sur place leurs troupeaux et une moto de marque Jive TVS. Ces femmes qui sont déterminées à obtenir le départ pacifique et immédiat des bouviers, n’entendent pas reculer d’un iota tant que leur exigence ne sera pas accomplie. Pour l’instant, aucun dégât matériel n’est constaté sur le terrain. Saran Faro, une dame en provenance de Hérako, porte leurs voix.

‘’Nous les femmes des 5 villages, sommes sorties aujourd’hui pour mettre fin au calvaire de notre localité par rapport aux bouviers et leurs troupeaux qui nous empêchent de vivre du fruit des travaux agricoles. Leurs animaux détruisent nos champs de riz et nos cultures de maraîchage. Les hommes ont fait assez de démarches auprès des autorités de Kissidougou, mais rien n’a abouti. Chaque fois quand on veut se révolter, le sous-préfet vient pour nous calmer. Maintenant, on en a marre de tout ça. C’est pourquoi, nous les femmes, avons décidé cette fois-ci de nous mobiliser pour bouter ces bouviers hors de nos territoires. Nous sommes là depuis l’aube et même s’il faut passer la nuit, nous n’allons pas bouger tant que ces zébus sont là. Trop c’est trop !’’, a-t-elle témoigné.
Selon Moussa Mara, chef de village de Koïko sankaran, les bouviers maliens disaient souvent qu’ils ont déjà acheté ces terres auprès des autorités de Kissidougou.

‘’Vous savez, ces bouviers sont venus ici à travers notre ancien imam qui est allé les négocier à Kankan pour les ramener ici, il y a de cela 3 ans. Chaque fois quand on demande aux éleveurs maliens de quitter, ils nous disaient qu’ils avaient remis 70 millions au préfet pour avoir ces terres ; donc, ils insistaient beaucoup sur ça, que c’est pourquoi ils ne veulent pas quitter. Aujourd’hui, le sous-préfet est avec nous depuis le matin et il nous a rassuré que les bouviers vont quitter dès aujourd’hui. En tout cas, les femmes sont déterminées cette fois-ci’’, a-t-il révélé.
Aux dernières nouvelles, jusque tard dans la soirée de ce mercredi, la situation était très tendue sur place. Aucune délégation des autorités n’était venue de Kissidougou tandis que des centaines de femmes étaient toujours en brousse avec un nombre important de zébus qui risquent de s’éparpiller dans la nature en l’absence de leurs guides.
Affaire à suivre !
Depuis Kissidougou, Ousmane Nino SYLLA, pour Lerevelateur224.com.
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